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 Que feras-tu pour effacer ma peine !? [Adriàn & Doriane]

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MessageSujet: Que feras-tu pour effacer ma peine !? [Adriàn & Doriane]   Mer 20 Jan - 5:30

Que feras-tu pour effacer ma peine !?


Adriàn & Doriane Morgensen

Le glas a sonné. Avec lui, se sont tous les murs de sa vie qui désormais tremblent en attendant la fin. La fin des Jeux. La fin de tout. Demain, il faudra se rendre au boulot, non plus en tant que Doriane Morgensen, capitaine de la brigade n°8 du GIPN, mais en tant que la candidate des Factorem Anima. La tête haute, il faudra affronter les regards, l'incompréhension et avec eux sans doute la mutinerie de ses hommes, la désapprobation de ses propres supérieurs. Si Sam n'avait pas été là, elle n'aurait jamais su puiser assez de courage en elle-même pour s'en venir affronter cette mordante réalité. Mais Sam, qui s'en était allée, hier soir, s'en est revenue, a frappé à sa porte et c'est sa main dans la sienne qu'elle s'était finalement réveillée ce matin comme si de pitié, le monde avait accepté de lui rendre son plus précieux trésor en signe de bonne grâce. Or, ce soir, Sam n'est plus là, du moins physiquement. La voici de nouveau seule la militaire et le silence de son appartement s'en vient l'écraser, la renvoi à toutes les mauvaises pensées qu'elle était parvenue à chasser au cours de l'après-midi grâce à la présence de son amie. « Concentre-toi sur ton plan. » Il faudrait déjà qu'elle parvienne à se concentrer sur le comment remettre un semblant d'ordre à sa vie. Les Jeux vont commencer dans moins de deux semaines et tout ce qui l'intéresse ne tourne qu'autour de cette unique question. Elle se fout du plan, des jeux, de tous les mails des différents médias lui réclamant une entrevue avant que ces derniers ne débutent. Sam croit en elle pour deux, ça la rassure, ça lui ôte un poids énorme du cœur. Il reste tant à faire pourtant. Pas un seul message de Mike de toute la journée. A-t-il seulement regardé l'émission ? Elle n'ose l'appeler ou se pointer au Palladium de peur que ça ne soit le cas et que son silence perçant ne soit qu'une réponse à ce qu'il a découvert lorsque la huitième candidate de cette nouvelle édition s'en est venue tituber sur ses talons hauts jusqu'au fauteuil de Dita Nemour. Elle s'en revient de deux heures de promenade avec Pat. Si le canidé ronflant à ses pieds n'était pas si usé, sans doute repartirait-elle en vadrouille avec lui, mais l'air glacé du soir n'a su finalement que retarder le moment fatidique entre elle et le silence. Tirant de son sac papier et stylo, elle note frénétiquement la liste noire. Mike. Lars. Brigade. Pap... Elle raye. Magnus. Mike. Lars. Brigade. Magnus. Il faut qu'elle l'appelle, qu'elle en est le cœur net. Elle va devenir folle à tourner ainsi en rond sans savoir. M'accepteras-tu encore à tes côtés après ça ? Me porteras-tu jamais de nouveau sur ton épaule en m'appelant la crevette ? Sentirais-je jamais de nouveau tes bras autour de moi, ton regard se perdre sur mon corps ? Le capuchon du stylo se fait martyriser entre ses dents entre deux cigarettes, l'appréhension du lendemain lui tort le ventre. Si elle attend demain, elle prend le risque de se heurter de façon brutale à son regard entre mépris et colère. S'il la repoussait, si Mike Petersen s'en venait à la chasser de sa vie, elle ne saurait le supporter devant le regard de toute son escouade. On ne la verra jamais pleurer. On ne la verra jamais fuir tête basse. Elle se résigne pourtant à admettre qu'elle pourrait bien perdre tout de ce que sa force sait faire de mieux si le pire arrivait. Il faut qu'elle l'appelle. Il faut qu'elle sache, qu'elle soit fixée. Attrapant son portable, voici la Morgensen qui s'en vient faire les cent pas avant que de finalement se décider à retirer le mode avion. L'appareil rugit instantanément entre ses mains. Messages. Appels. Notifications. Alertes infos. Tout y passe. Elle fouille la longue liste de ses SMS. Adriàn PAT. Elle n'ouvre pas la conversation, poursuit avec les autres noms de la liste. Sam, bien arrivée chez elle. Elle la retrouvera demain dès qu'elle sera sortie du taffe. Lov, elle vient de voir le replay de l'émission. Son engouement sur le passage de la Morgensen parvient à tirer un sourire mince à la militaire. Numéro inconnu. Celui d'Elizabeth, l'une des candidates. Un simple message pour qu'elle puisse enregistrer son numéro. Lars. Le message date d'il y a deux jours. Qui était cette dingue qui est venue l'agresser au bar ? Va-t-elle mieux ? Il la prévient qu'après son départ, la fameuse cinglée a été prise en charge par le secouriste qu'il a appelé. Il espère qu'elle ne portera plainte. Des tonnes de publicité entre tous les messages et enfin, son nom se dessine. Elle a le cœur qui bat à cent à l'heure, tremble comme une feuille tandis que son pouce s'en vient frôler le nom de l'homme qui n'a cessé d'occuper ses pensées jusque lors.

« Je t'en veux. Je t'en veux au point d'avoir eu envie de te tabasser à mort. » Elle se crispe, les larmes prêtent à rouler hors de ses yeux. « Je t'en veux parce que j'arrive pas à le croire, que je veux pas y croire. Ton nom était écrit partout sur les banderoles, je voyais ton visage dans mon écran mais ça tiltait pas. Je voulais pas que ce soit toi, c'était comme nager en plein délire, j'ai même pas pu aller aider Lars au bar ce soir. Je voulais plus jamais te voir. » Elle s'en vient mordre sa lèvre, se laissant retomber dans son canapé, ses jambes ramenées vers elle tandis que le message défile. Elle a les yeux qui brillent dangereusement, serre le téléphone avec plus de force qu'elle n'en a conscience. « Mais du coup j'ai passé cette journée de merde tout seul à penser qu'à toi, à remater ton passage en boucle. Je veux pas croire que ma crevette, la fille de monsieur Humaniste, soit une anima et au final ouai, ça me fait chier. Ça me fait chier parce que je vais devoir investir dans leur sérum à la con au cas où t'oublierais le tien. Ça me fait chier parce qu'on auraient pu avoir des gosses magnifiques ensemble ! » Elle hausse un sourcil, surprise elle-même par l'éclat de rire lui sortant des lèvres à la lecture de ces derniers mots. « Et surtout, ce qui me fait le plus chier, c'est que maintenant, tous les mecs en chien de cette ville vont poser les yeux sur toi quotidiennement. Vont se repasser en boucle comme je l'ai fait les images de cette femme magnifique qui tanguait sur ses talons haut (merde, apprend à être une vraie gonzesse un jour dans ta vie!) …. Bref. Tout ça pour dire que tant pis, je ferai avec. Au pire, on adopteras un petit chinois et j'irai moi aussi cogner des mecs dans les bars quand j'en aurai vraiment plein le cul de les voir lorgner sur toi. Anima ou Humaniste, tu restes la crevette de ma vie Chef Morgensen. A tes ordres quoi qu'il arrive. (Jusqu'à ce que la mort nous sépare, AMEN!) ».    

Elle rit, pleure, les deux s'en viennent à la fois alors même que ses yeux s'en reviennent lire en boucle le message salvateur. Bon sang ce qu'il peut être con. Lovée dans cet énorme sweat qu'elle ne lui a jamais rendu, elle renvoi pour seule réponse une photo d'elle-même arborant sa plus horrible grimace, la capuche du vêtement lui barrant la moitié du visage. « Où t'as vu une femme magnifique toi ? ». La réponse s'en revient instantanément. « … C'est quoi le numéro de Sam déjà ? ». Elle rit plus fort. Rit de plus belle. Il changera jamais. Ça ne changera jamais. Le nom de Sam s'en vient la réconforter plus encore. Non, elle n'est pas seule, quoi qu'elle veuille bien en penser. Tant pis si elle se fait virer. Tant pis si elle n'a plus de famille, ses vrais repères sont toujours là. Eux ne changent pas. Elle-même n'a pas vraiment changé non plus. Ses yeux se rivent sur le reste des messages, s'en reviennent sur ceux de son prétendu demi-frère. Celui-ci... Celui-ci elle le maudit de tout son être, perdue entre honte et rage. Comme d'habitude, il suffit simplement qu'elle voit s'afficher cette photo qu'il a prise d'eux l'an passé et qu'elle a souillé de graffiti, pour que tout explose à son encontre. Les souvenirs du nouvel an s'en reviennent la gifler. Merde, elle était vraiment plus bourrée que jamais ce soir-là. Ça lui revient, ça lui donne envie de vomir. Ce désir qu'elle a ressenti et affirmé ne s'en va pas. Elle n'a jamais vu un frère en lui. Il reste pourtant un mec qu'elle ne peut pas coffrer. D'où lui est venue cette soudaine lubie de vouloir l'embrasser, de vouloir le toucher, de vouloir... Sa langue claque en un bruit d'agacement non retenu. Sa pensée la ramène au souvenir plus récent du plan cul de l'autre s'en venant la trouver jusqu'au Palladium pour recevoir la branlée de sa vie. Elle aurait pu la tuer. N'éprouve aucun remord face à sa propre violence. Elle nage en plein délire depuis quelques jours. Les Factorem Anima, le baiser, Larsen qui s'en vient jouer des poings avec elle en sachant pertinemment qu'elle y laissera une dent. A croire que Dieu, s'il existe, se faisait chier à la voir évoluer normalement dans la vie et n'en finit plus de redoubler d’ingéniosité pour la pourrir. Son pouce s'en vient cliquer sur le nom d'Adriàn pour découvrir avec stupeur que comme bon nombre d'internautes, ce dernier s'imagine qu'elle joue un jeu. Que c'est une couverture pour le boulot. Mike aurait tout aussi bien fait le travail. Un rictus mauvais se dessine sur le visage opalin de la militaire. Elle répond du tac au tac, une pique dont elle a le savant secret. Un instant pour prendre sur elle, rien qu'un instant de recul. Essaye de te mettre à sa place Morgensen. Cet abruti t'as toujours considéré comme un membre de sa famille, comment veux-tu qu'il réagisse ? Elle se surprend dans cet élan inconnu de précaution envers lui. C'est bien la première fois qu'elle se préoccupe de se mettre à sa place. Ça n'a pas vraiment de sens, mais comme le reste en est tout aussi dénué, elle fini par répondre plus sérieusement pour lui chasser cette idée de la tête. Qu'il sache. Qu'il soit au courant. Au moment même où son propre téléphone vibre pour signaler que le message a été envoyé, elle perçoit au loin le bruit d'une sonnerie. Elle n'y prête pas attention. La seconde qui suit, Pat s'élance en direction de la porte, l'air le plus joyeux du monde.

Un ange passe, elle cesse de respirer une seconde sans vouloir croire à l'idée qui se forme dans sa tête. Plusieurs minutes passent. C'est bon. Silence. C'est bon.

La sonnerie retentit. Une fois. Deux fois. Elle ne bouge pas. Pat saute et jappe contre la porte, prêt à ouvrir à la place de sa maîtresse. Aux tintements du carillons se joignent désormais de violents coups de poings frappant le bois de sa porte. Après une seconde d'hésitation, le nouveau rituel se met en place tandis que ses mains viennent chercher sous le plateau de la table basse le 9mm qu'elle y a toujours caché. L'arme prend place dans sa poche arrière, caché par le sweat qu'elle porte. Ses pas la guide vers la source du bruit se faisant de plus en plus menaçant. Le loquet se tire, la clé tourne. Lorsqu'enfin elle ouvre la porte, ce n'est que pour laisser entrer dans son appartement la silhouette pourtant non invitée d'Adriàn Morgensen. Il y a sur ses traits quelque chose d'indéchiffrable qu'elle ne lui a jamais connu, et soudain, cette question à nouveau. A-t-il toujours été si grand? Se refusant à laisser la moindre chance à son esprit d'y répondre, elle aboie du seul ton cassant qu'il lui connaisse.

« T'as un sacré culot pour oser te pointer ici, j'en connais un qui va pas être content !»

Elle le regarde. Inutile d'être devin pour comprendre la raison de sa présence. Les comptes vont devoir être rendus. Elle n'en a aucune envie. Volontairement, elle aborde un autre sujet, sa mauvaise foi comme meilleure arme.

« Mais au moins ce coup-ci je vois que t'es venu régler tes comptes toi-même. J'imagine que le vide-couille de service était pas en état pour un second round. »







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MessageSujet: Re: Que feras-tu pour effacer ma peine !? [Adriàn & Doriane]   Lun 25 Jan - 0:48

Perdu l'amour et la victoire


Adriàn Morgensen & Doriane

Elle. Dans les Factorem. Franchement, sincèrement, comment aurait-il pu croire à la véracité de la scène ? Comment accepter que ses mots étaient vrais, que l'inscription était méritée ? Ridicule, c'est une mission dont il n'avait pas connaissance. En même temps, il ne sait rien de sa vie, ne connaît pas ses états de services. Il n'entre au GIGN que le jour du lancement des Factorem. La blague, l'ironie ! Lui qui s'impatientait de travailler avec elle, elle se retrouve en infiltration. Oui, c'est une mission. Il regarde l'émission avec enthousiasme, plaisir même, rugit en voyant Mok et s'enflamme pour soutenir Elizabeth. C'est un prime ordinaire avec quelques surprises. Papa téléphone, lui, ça ne le fait pas marrer. La voix basse, grondante, il demande des explications qu'il ne possède pas. « demande à ta fille ! ». Adriàn noie le poisson, parle de mission quand il n'en sait rien, oh leur père est en colère mais Adriàn est surtout désolé pour elle. Et Magnus de s'exaspérer d'avoir un fils si flegmatique, d'avoir pour rejeton un gamin qui décroche la bouche pleine de sucrerie et lui sort des « j'sais pas » à tout va. Pitoyable. Fasse à tant d'inutilité Magnus raccroche, laissant Adriàn désappointé. Mince, elle va morfler. Un nouveau message pour la prévenir. Aurait-il du plus la couvrir ? Bah, elle saura bien mieux lui expliquer que lui la situation. Le pop-corn ça donne soif. Bière en main, il poursuit sa petite soirée auprès de Serana. En même temps, as t-il vraiment envie de la couvrir ? Son téléphone est toujours là, elle n'a pas répondu. Il passe ? Sa main caresse le bras de son amie, effleure les plaies sans l'étreindre. Ne pas la serrer contre lui, ne pas la blesser plus que Doriane ne l'a fait. Elle ne répond pas. En même temps, qu'elle se débrouille, il aurait tout le lendemain pour savoir pourquoi elle était dans l'émission. Son regard continue d'aller de la télévision au portable, incapable de fixer son attention. Papa a fait exploser la petite bulle, a rendu l'instant réel dans une terrible peinture. Elle dans les Factorem, c'est tout qui est remis en cause, c'est l'image de la famille qu'elle érafle, même lui le voit. Si lui le sait, alors tous l'ont compris. Quelle idiote quand même, elle pourrait pas penser un peu plus aux autres ? Un regard à nouveau sur Serana. Un autre pour le téléphone. Elle n'en fait qu'à sa tête, se défoule sur son amie, bafoue l'image de la famille et pire encore…  J’avais même pris un couteau dans ma botte pour la blesser .. il dépose un baiser sur la joue épargnée. Il ne comprend pas comment la première a eu envie de blesser la seconde, et pourquoi la seconde a eu envie de briser la première. C'est absurde, c'est une situation absurde. Il refuse de voir la violence en Serana, elle, si douce, si attentionnée et généreuse, n'a pu commettre une agression pareil. Et Doriane, aussi distante puisse t-elle parfois être, n'a jamais été une femme injuste, agressive sans raison. Aucune des deux n'est une mauvaise personne, alors pourquoi ce carnage.

Adriàn regarde la télévision. Adriàn inspire, expire, il rit aux moments opportuns. Apporte de l'eau, reprend une bière. Il n'y a pas de réponses à ses questions et s'il y en a il n'a pas envie de les connaître. Alors qu'il se rend dans la cuisine pour se resservir, embarquant au passage le téléphone, les questions le poursuivent. Pourquoi elle ne s'explique pas ? Ca la crèverait tant que ça de s'expliquer ?! C'est bon, il a pigé que c'était de la déconne mais quand même… il s'inquiète du devenir de la famille, un peu, ça va être compliqué… un peu. Serana est tuméfiée, elle est surtout traumatisée. Doriane, qu'as-tu fais ? Ce n'est pas possible… silence radio. Adriàn ouvre la conversation, s'attarde sur la photo qu'il a choisi pour Doriane. Ses doigts effleure l'écran. Souvenir d'un baiser interdit. Elle n'en fait qu'à sa tête. A t-elle toujours été aussi imprévisible ? Non… oui… peut-on parler de prévisible quand on ne sait rien de l'autre ? Serana a le corps et l'âme en miettes, et lui il est là, dans la cuisine, à se demander ce qui advient de sa sœur. Culpabilité. Adriàn retourne dans le salon sans la bière. Il se love contre Serana qui grimace sous les pressions, laisse moi simplement. Il la laisse se mettre confortable. Laisse moi simplement… incliner la tête pour déposer un baiser sur ces lèvres. Un peu plus fort. Plus. Désolé, je t'ai fais mal. Adriàn se recule, s'installe dans un coin du canapé et sourit pour la voir faire de même. Désolé. Il y pense sans cesse, à ce moment où elle a franchit la ligne rouge. Désolé Serana. Inspiration profonde, il faut qu'elle lui réponde, il faut qu'il sache. A cause de son foutu baiser elle va s'imaginer qu'il revient après elle pour ça, qu'il a adoré et vient en redemander. Elle va croire que ce n'est qu'un foutu prétexte que cette émission, il avait qu'à attendre demain pour avoir les réponses ! Mais non, c'est important. C'est très important, c'est de la famille qu'il s'agit. Ce n'est pas un prétexte. Et puis, il n'a pas quitté Serana de la journée mais il a juré réparation. Oui, il doit aller la voir et lui arracher des excuses, pour Serana, pour leur père. Pour lui. Il est indispensable qu'il aille à elle, puisque le téléphone reste désespérément muet ! Ses lèvres sur les siennes. Ce n'est pas un prétexte. C'est une obsession qui se justifie.

« Désolé. Je dois y aller, mon père… j'aurais pas dû le laisser… seul. Avec elle. Bordel elle gâche tout ! Je viens de te voir demain ! »

Adriàn enfila son manteau comme s'il était pressé, revient cependant à elle pour l'embrasser une dernière fois. Il est un petit peu plus affectueux depuis le trente et un janvier. « Je reviens vite », murmure t-il avec affection. Avec sollicitude aussi. Un instant il s'arrête pour la contempler, sa belle, sa précieuse, amie, qui parle maintenant de mort quand avant elle ne jurait que par la vie. Qu'a t-elle fait de toi ? Il se détache à regret. Et toi, qu'as-tu fais d'elle ? Alors qu'il fait ronfler sa moto dans les rues de Copenhague, son esprit s'égare dans les éternelles questions. Nulle réponse ne vient, seule la frustration et une sourde colère ont trouvé leur place dans son coeur naïf. Il ne comprend pas comment tout cela a pu arriver, comment aux derniers jours 2083 il avait encore l'affection tendre pour une sœur, une meilleure amie et des relations qui le tiraient vers le meilleur. Comment a t-il pu passer à ça en si peu de jours ? Peut-être est-ce de sa faute, peut-être Serana sait pour ce qui est arrivé avec Doriane… cela n'a pas d'importance, il doit arrêter de lui en donner. Le portable vibre, au pied du bâtiment ; la bouffée d'espoir trahit son manque.  

Ce que t'as vu hier soir, tout ça, c'est pas un mission, c'est pas un rôle ou une couverture pour le boulot, c'est ce que je suis. Je ne te crois pas, je le saurais. Depuis toujours. Papa ne l'aurait jamais toléré. Merci de te soucier du fait que je vais déguster, c'est déjà le cas. Tu transmettras mes amitiés à ton père, puisque de toute évidence ça n'a jamais été le mien. Je ne suis pas d'accord, tu te fous de moi. Tu es de la famille, j'étais là quand il t'a ouvert la porte de la maison. J'étais là quand il a dit « tu as une soeur » ! Papa ne m'aurait pas menti, pas sur ça. Je peux accepter qu'il ait eu une autre femme que ma mère mais pas, pas ça ! Car CA ça n'a pas lieu d'être ! Il ne l'aurait JAMAIS toléré ! Alors ne joue pas à l'Anima, c'est absurde ! Ce mensonge ne peut pas fonctionner ! Au fond, il a bien fait de toujours te faire passer en premier, j'ose pas imaginer l'état de son petit orgueil blessé aujourd'hui s'il avait accepté de donner au plus méritant de ses gosses les responsabilités qui t'incombe seul désormais . pourquoi es-tu si cruelle ? Qu'est-ce ça t'apporte ? Je me fous de ton mensonge, j'y crois pas ! Mais je mérite pas ça. Je ne suis pas toi, mais j'ai droit à plus. C'est tout ce que j'ai ? Un pauvre message pour bien vernir ta couverture ? Un pauvre jouet que t'embrasse, que tu prends, balance, sans une autre d'affection ? Non, j'y crois pas. Tu vaux plus que la femme qui a agressé Serana, plus que la garce qui m'envoie ça. Mais je m'excuserai pas pour sa petite réputation, j'ai de comptes à rendre à personne. Si tu en as. Tu as des comptes à nous rendre, on a toujours des comptes à rendre à sa famille Doriane !  Au passage, j'ai jamais été ta sœur non plus, on va donc pouvoir cordialement arrêter cette mascarade de la famille unie que tu chéris tant par la même occasion.  Cela te fait plaisir, tu peux bien t'enfermer dans ta petite bulle. Je suis plus que ta supérieur maintenant. Sois à l'heure demain au boulot ou je te raterai pas.  A bon entendeur, salut !  On en a pas fini, toi et moi.

La sonnette rugit, il tambourine à la porte. Ouvre moi. Il entend le chien, le voisinage va entrouvrir sa porte mais pour une fois Adriàn en a rien à cirer. Qu'il y ait esclandre, du moment que ça la fait ouvrir ! Et quand enfin elle lui ouvre, quand enfin madame daigne s'intéresser un peu à lui autrement qu'en de lâches sms, c'est pour l'enfoncer. Lui, audacieux ? Mais elle se fout de lui. Elle continue sa comédie, jouant à la parfaite garce en osant, cerise sur le gâteau, insulter Serana. Elle ne serait pas femme qu'il l'aurait giflé, à la place c'est la porte qui claque bruyamment. Les mots se pressent à ses lèvres, son visage si doux a perdu toute sa candeur. Dire quelque chose, hurler, rien ne vient car il y a trop à dire. Il se tient là, droit, avançant vers elle d'une rage contenue. Dire quelque chose, ordonner réparation, exiger des explications.

Sa main se referma sur son poignet. Serre. Sans délicatesse, sans une once de cette affection qui le caractérise tant, il remonta la manche. Si elle ment, elle n'aura rien. Si elle ment, c'est forcément factice. Une illusion créée de toute pièce pour la télévision. Si elle n'a rien… il est là, fier, triomphant. Un pauvre objet électronique, du métal et des câbles. Juste ça.

Juste. Ça.
Simplement ça.

Ce que t'as vu hier soir, tout ça, c'est pas un mission, c'est pas un rôle ou une couverture pour le boulot, c'est ce que je suis. Comment a t-on pu l'ignorer ? Tu n'as jamais pris de sérum...Depuis toujours. Le faisais-tu en cachette ? Merci de te soucier du fait que je vais déguster, c'est déjà le cas. Tu transmettras mes amitiés à ton père, puisque de toute évidence ça n'a jamais été le mien. En effet. Puisque ? L'ignorais-tu ? Non, tu ne pouvais pas l'ignorer, il y a le sérum… et ce « père » est l'auteur… et l'auteur est l'humaniste... Au fond, il a bien fait de toujours te faire passer en premier, j'ose pas imaginer l'état de son petit orgueil blessé aujourd'hui s'il avait accepté de donner au plus méritant de ses gosses les responsabilités qui t'incombe seul désormais . Comment a t-il pu l'ignorer ? En même temps, ils t'ont peut-être programmé pour t'insuffler ce sérum dès tes trois ans. Moi je n'aurais pas pu. Mais moi je suis un être humain. Mais je m'excuserai pas pour sa petite réputation, j'ai de comptes à rendre à personne. Si tu en as, tu en as à rendre à la famille Morgensen. Au passage, j'ai jamais été ta sœur non plus, on va donc pouvoir cordialement arrêter cette mascarade de la famille unie que tu chéris tant par la même occasion.  Je ne sais pas ce que tu es. Je suis plus que ta supérieur maintenant. Sois à l'heure demain au boulot ou je te raterai pas.  A bon entendeur, salut !  Je n'ai pas d'ordres à recevoir d'un jouet.

« Laisse mon père tranquille et t'avise pas de parler de Sera.»

Juste ça. Un pitoyable objet qui vous fout en l'air toute une vie. Vous croyez en quelque chose, vous y croyez dur comme fer. Vous l'aimez, la choyez ; vous faites des projets avec cette croyance, vous composez avec elle. Elle n'est pas le centre de votre vie, elle est votre vie. Sans elle, vous n'êtes pas complet. Et puis un jour, il y a cet objet qui vous informe, tranquillement, sans faire de vague, que vous avez cru en du vent. Ce n'était même pas un mensonge car personne ne savait, car la concernée n'a jamais énoncé le contraire. Elle a juste omit de préciser que vous vous étiez mépris. Les souvenirs sont tâchés, ils ont le goût de la cendre. Les échanges, la plus banale des conversations, prend des tournures sombres et indigestes. L'Anima est un programme dans un corps d'Homme. Donné lui une base de donnée, laissez le évoluer et admirer votre chef d’œuvre, mais à la base, à l'origine, il a ce programme. Un Anima, ce sont ses jeux vidéos dans le réel. Au fond, il n'y a pas une immense différence entre créé un personnage sur Sword&Dragon et se faire livrer une de ces choses. Un jouet. Les souvenirs ne sont que des mensonges, son affection est fausse. Il n'a jamais eu de sœur, simplement l'illusion d'une. Cela explique ce qu'il ne pouvait comprendre. Le baiser, la bagarre, le silence, tout s'explique, prend sens… elle n'est pas normale. Elle n'est pas programmée pour ce genre d'interaction sociale.

« c'est quoi ta fonction ? »

Ils en ont tous une. Ami, frère, gigolo ou dame de compagnie, ils ont tous un rôle à remplir. Principe des poupées, simulacre de la vie réelle pour ceux qui n'ont pas à coeur de la vivre. Jouet pour les plus faibles. Créatures attachantes mais éphémères, condamner à ne briller que dans une émission comme les animaux le sont sur une piste de cirque. Dire qu'il a laissé Serana dans le noir, pour un jouet. Dire qu'il n'a fait que la chercher pendant toutes ces années, à grappiller chaque miette de son attention, à attendre son sourire. Dire qu'il la aimé plus que nul frère ne pourrait le faire, s'acharnant à ne voir en elle que le meilleur. La croyant incroyable, belle, étonnante, fascinante. Trouvant dans ses défauts ses plus belles qualités. Dire qu'il a eut la folie de l'adorer, de vouloir la choyer et de s'imaginer grandir à ses côtés.

« Tu pouvais pas m'en parler avant ?! Ca t'es pas venu à l'idée ! Mais non, forcément. T'es là, à faire ta vie, incapable de comprendre ce que je ressent. Incapable de te mettre à la place des autres. Tu penses qu'à toi, t'en as que pour ta gueule mais je peux pas t'en vouloir : t'es qu'un putain de jouet, bien limité. C'est qui ton auteur que je me marre ? A qui j'dois dire merci pour la blague ?»

Dire qu'il la désiré et s'en est voulu. Qu'il a prit sur lui la folie de l'instant, culpabilisant alors qu'il n'y avait rien à regretter. Ce n'était rien, absolument rien, juste un anima. Rien qu'un anima. Un pauvre anima fait pour une raison qu'il ignore, quelle horreur que de l'imaginer répondre qu'elle est faite pour lui tenir compagnie. Qu'elle est simplement « la soeur ».

« Répond moi !»

Le cynisme dans une rage non-contenue. Sa main toujours emprisonne son poignet, serrant plus fort à mesure que monte une envie violente de tout envoyer balader. Un simple bout de métal. Ses repères explosent, s'envolent et tout ce qui le construit s'effrite, une pression et l'homme d'illusion qu'est d'Adriàn s'écroule.

On dit que si le passé ne nous définie pas, il est ce qui nous construit.
Je ne suis rien, un être vierge. Mon passé est mort avec ma sœur.



©Aloysia


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SERANA PUE.
DORIANE JE T'AIME, C'EST TOI LA PLUS JOLIE ♥ ♥ ♥

#TrollD'admins

Loin du saint brisant ses vœux, il est le Malin, fallacieux, bien trop patient. Il est cette ombre tapie dans un coin du décor à laquelle on ne prête aucune attention.
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MessageSujet: Re: Que feras-tu pour effacer ma peine !? [Adriàn & Doriane]   Mar 26 Jan - 5:18

Que feras-tu pour effacer ma peine !?


Adriàn & Doriane Morgensen


Dis-moi, serais-tu prête à tuer pour sauver ta vie ?
Dis-moi, serais tu prête à tuer pour prouver que tu as raison ?


Une minute pour la sérénité, le reste infini du temps pour voir se défaire devant ses yeux l'image bienveillante qu'elle avait toujours eu de lui. Quel est ce regard qui la tue ? Qui la hait ? Ce n'est pas toi. Ce n'est pas lui. Pat est mort ce soir. Que reste-t-il seulement d'Adriàn Morgensen ? Peu de choses en vérité, qu'un homme qui la saisit par le poignet pour s'en venir voir de ses propres yeux ce qu'elle avait si bien caché jusque lors : un bracelet de titane dont l'acier n'est pas plus dur que ne l'est la colère qui s'abat contre elle. Elle encaisse. Ne parle pas de celle que tu ne peux nommer sans mots fielleux. Ne parle pas de son père. Ça fait mal, mais ça tu le savais déjà Morgensen. Tu savais comme cela ferait mal de devoir te faire à l'idée que celui qui était tout soudain n'est plus rien. Ce que l'homme la tenant déverse sur elle n'est rien en comparaison de ce qu'elle recevra plus tard. Elle s'appuie pour le contrer sur le seul amour qu'elle connaisse. Sur les mots de Mike, sur ceux de Sam. Sam. Elle hait les animas plus que toi. Elle m'aime malgré tout comme tu n'as jamais su le faire. Comme tu ne sais plus le faire mais tout soudain fait tellement mal que son cœur s'en vient cogner son sein comme désireux de s'en extirper. Elle le hait, le hait depuis le jour où elle fut enfin en âge de comprendre ce qu'était la notion d'injustice. Tous ses efforts, toute cette rage de vaincre à toujours vouloir le surpasser. Depuis toujours il est la cible. Il s'en vient inverser leurs rôles pourtant ce soir et cela dépasse tout ce qu'elle avait pu imaginer. La norme est brisée, comme l'est le regard de celui la tenant sous sa main. Celui-là même qui hier encore n'était que sourire et tendresse, celui-là même qu'elle méprisait pour cela. Dire qu'il l'avait tant attendue. Dire qu'elle lui avait manqué. Dire qu'il l'aimait. Les beaux mots s'en deviennent mensonges. « On t'aurait trouvé dans un carton que cela n'aurait fait aucune différence. » Menteur. Pitoyable menteur qui la bouscule et la serre, qui s'en vient jeter son acide sur la force que la Eriksen s'était donné tant de mal à lui rendre. Tu ne m'atteindras pas. Tu ne me détruiras pas.  


Tout s'effondre, brûle, laissons tout ça brûler.
Cet ouragan nous poursuit tous discrètement


Quelle est sa fonction ? Le souffle s'en vient à lui manquer. C'est comme au Palladium devant sa poule de nuit. Comme lorsque l'alcool la portait toute entière au point d'en venir à frapper cette dernière pour simplement extérioriser le torrent de rage s'infiltrant dans ses veines jusqu'à lui en faire perdre la raison. Elle sait la douleur mieux qu'aucun Morgensen ne l'a jamais appréhendé. Ce qu'elle lit dans ses yeux n'a rien de comparable à cette folie meurtrière qui se dessine dans les siens. Sa fonction. Il ose, la traite comme eux. Elle le tuera pour un mot de plus en ce sens. Se retenir est bien plus dur que d'encaisser ce qui s'en vient. Sa fonction. Sa seule fonction a toujours été d'être rabaissée là où elle donnait le meilleur d'elle-même, d'être incomprise et constamment collée par ceux dont elle ne désirait pas la présence. Tu te voulais un frère bienveillant. Tu n'as jamais rien su de moi. Les excuses que tu te trouvais pour mieux m'aimer n'était jamais qu'un voile sur cette haine que tu te refusais à accepter de ma part. Ça la tort. Ça la broie jusqu'au fond de son corps. Il n'y aura personne ce soir pour la retenir. Personne pour lui faire entendre raison, pour calmer la tempête qu'elle devient. Ses muscles entre ses doigts se crispent. Ô Adriàn, comme tu aurais mieux fait de porter le premier coup, de l'immobiliser pour de bon. Et il hurle cet homme. Hurle pour se faire mieux entendre de celle qui s'obstine au silence. Si elle ouvrait la bouche maintenant, elle ne saurait plus trouver de mot qui pourraient être un jour pardonnés. Elle se tait et il hurle. Lui hurle pour savoir pourquoi elle n'a rien dit, hurle pour découvrir de lui-même qu'elle n'a jamais pensé qu'à sa seule personne. Enfin tu me sais. Enfin tu me découvres, mais tu te trompes toujours Adriàn. La vérité n'est pas tant qu'elle n'a jamais su vivre que pour elle, mais que dans cette vie qu'elle menait, tu n'as jamais eu ta place. Tu ne la trouvais pas, tu t'enfouissais pourtant dans chaque brèche, cela sans résultat. La frustration t'as gagné sans jamais perdre contre cet espoir aussi stupide qu'innocent qu'elle ait pu un jour te porter la moindre attention. Tu sais désormais. Je ne t'aime pas. Plus fort encore, c'est qu'il n'y a rien. Toujours déchet là où n'était qu'or. Toujours valet là où elle était reine. Il porte pourtant toujours le poids d'un triomphe qu'elle n'a jamais obtenu et ses mots s'en viennent dépasser le point du non-retour. Le tabou. Ce qu'il n'aurait jamais dû dire. Un putain de jouet. Ne serait-elle pas Doriane Morgensen que l'arme dont elle sent le froid à sa ceinture s'en serait venu à sa tempe pour mettre fin au supplice. Elle n'entend pas la question sur l'auteur, sur la personne qu'il devrait remercier. Une minute encore pour la retenue. Elle cesse de respirer pour s'empêcher l'erreur, mais « t'en as que pour ta putain de gueule » alors à quoi bon. Lorsqu'il resserre son emprise pour mieux crier à son besoin de réponse, elle se veut la généreuse qui s'éxécute. C'est donc une réponse que tu veux. Ô Adriàn, comme tu aurais mieux fait de porter le premier coup, de l'immobiliser pour de bon.


Qu'importe le nombre de morts que je connais, Je n'oublierai jamais
Qu'importe le nombre de vies que je vis, je ne regretterai jamais.


Le poignet retenu se sert de la force qui le tiens pour que l'autre s'en vienne trouver avec un élan démesuré la mâchoire du tyran, choquant cette dernière d'une violence qu'elle n'a sans doute jamais tant déchaîné, pas même contre la Larsen. Pas même contre les plus forts. Pas même contre les plus féroces. Il reçoit dans ce coup toute la portée de cette douleur qu'il a lui-même animé et c'est presque de surprise qu'elle sent pour la première fois de sa vie la répercutions de son acte s'en venir faire vibrer ses os, amenant la douleur physique comme touche final à son cœur qui déjà n'est plus que cendres et lambeaux. L'indifférence s'est tue, c'est la haine qui s'en vient faire trembler chacun de ses membres. Un jouet. Tu oses me traiter de jouer, toi qui n'a jamais rien fait de toi-même !? Futile petit pantin de chaire, je suis bien plus humaine que tu ne le seras jamais du haut de ta parfaite médiocrité. Son poignet qu'il tenait se libère du poids qui le contraignait alors même que le visage meurtri du Morgensen fait suivre le reste du corps sous la portée du geste. Qui crois-tu être toi, pour oser me juger !? Qui crois-tu être toi pour oser détruire ce que j'ai construis de mes propres mains !?


Il y a un feu à l'intérieur de ce coeur et une émeute
sur le point d'exploser en flammes.

Des flammes qui s'en viennent le tirer par le col pour mieux le plaquer au mur, se moquant bien du son du crâne choquant la surface. Il n'est pas son objet de plaisir, il y survivra. Plus résistant. Ô comme ces deux-là ont la facilité d'allumer ce qu'il peut y avoir de plus sombre en elle... Sois plus fort. Sois plus dur Adriàn ! Il te faudra cela pour encaisser la réponse que tu semblais tant désirer. Un second coup s'en vient qui n'a plus de force, accompagné de tant d'autres, indénombrables qu'elle laisse pleuvoir sur lui en même temps que ses mots.

« Un jouet !? Mais qui est le jouet de qui, connard !? Tu crois être qui pour me traiter moi de jouet !? T'as fais quoi de ta vie à part danser sous la main de ton père !? T'as fais quoi de ta vie, à part suivre bêtement le rythme qu'on t'a imposé comme un vulgaire pantin!? T'as jamais été bon à rien faire, t'as jamais été plus que le nom qu'on a bien voulu te donner. La seule fonction que j'ai c'est celle que j'ai choisi quand tu n'es rien, inutile au possible, tout juste une bête de foire dont on n'attend tout mais qui n'est bonne à rien alors, de toi à moi, c'est qui le jouet !? »

Dans ses cris qu'elle fait plus fort encore que les siens, la violence de ses poings perdent de plus en plus en vigueur sans qu'elle ne cesse pour autant de les faire pleuvoir sur son corps. Sur son visage. Il n'a jamais rien comprit. Ne l'a jamais comprise, pas une seule fois dans sa vie. Pourquoi cela aurait-il pu changer maintenant ? Pourquoi cela aurait-il seulement dû changer au moment où elle aurait eu le plus besoin de lui ? Elle ne devine rien du changement qu'il vient d'opérer pourtant. Changer le mépris et l'indifférence en haine, c'est donner du sens à son existence. A la sienne également. A tout ce qui fait que Doriane Morgensen est Doriane Morgensen. A tout ce qui fait qu'Adriàn sera toujours Adriàn.

« T'en parler avant ça aurait changé quoi !? Et quand aurais-je dû te parler d'un truc que je savais pas moi-même la semaine dernière !? Si moi je pense qu'à ma gueule c'est bien parce qu'il y'a jamais eu personne pour le faire à ma place et encore moins maintenant ! « Si on t'avait trouvé dans un carton ça aurait rien changé », c'est ce que tu disais mais t'es qu'un menteur ! Un putain de menteur et d'hypocrite ! Un pauvre mec, pathétique, faible, incapable! »

Elle le pousse. Le pousse encore et le dompte, le faisant tanguer dangereusement sous l'assaut indomptable de sa présence alors même que Pat s'en mêle, aboyant férocement après l'inconnu ayant mit sa maîtresse dans cet état second, se faisant obstacle mouvant dans cet espace déjà si restreint et la déferlante de ses coups a alors comme un goût de déjà vu. « T'as jamais eu de tripes Adriàn, alors essai pas de t'en inventer ce soir ! T'as jamais eu assez de tripes pour pouvoir comprendre quelqu'un comme moi, peu importe la façon dont je suis né ! T'as jamais eu assez de tripe et t'en auras jamais assez pour m'accepter parce que ça te plaise ou non moi je ne serai jamais comme ces déchets que tu traînes à tes côtés ! Moi, je ne serai jamais une pauvre petite chose sans défense qu'a besoin d'être protégée par tes bons soins ! Je suis pas comme toi moi, JE SUIS PAS UN JOUET !! »

Son poing se jette à nouveau en direction du visage détesté pour ne s'en venir cogner que le vide au moment où l'homme bascule par la faute du canidé. Il l'emporte. Le choc est rude contre le sol, autant pour l'un que pour l'autre. Au premier mouvement de sa part, ce sont ses vieux instincts qui soudain s'en reviennent. Tu ne me briseras pas. Tu ne me détruiras pas.

Dis-moi, serais-tu prête à tuer pour sauver ta vie ?
Dis-moi, serais tu prête à tuer pour prouver que tu as raison ?

Geste vif, réflexe qu'elle a acquit la première, elle n'a besoin que de l'espace d'une seconde pour s'en venir appuyer son torse contre le sol alors même que le canon de son arme de service s'en vient trouver la tempe de l'homme portant son nom. Le silence perce l'excès de bruits, troublé uniquement par la respiration saccadée de la militaire chevauchant celui dont elle ne sait plus s'il est alors la victime ou le coupable de cet affrontement. Une minute pour la paix, le reste infini du temps pour voir briller au bord de ses lèvres le sang qu'elle a fait jaillir. Le bleu de ses yeux déjà ne se distingue plus dans les larmes qui lui monte et la douceur de son geste semble être là pour mieux moquer la cruauté de l'arme qu'elle tient en joug alors même que sa main valide s'en vient caresser délicatement cette peau blessée pour en chasser le liquide carmin qui l'entravait. A la sensation humide, à la vue de ce rouge au coin du rose de ses lèvres, elle abdique. L'arme retombe au sol. Sans doute ne saura-t-il jamais qu'elle n'était de toute façon pas chargée. Son corps s’affaisse en une lente progression, comme une descente aux Enfers. Son Enfer, celui-là même où elle se trouve alors que de sa gorge serrée au possible s'en tire des mots qu'elle s'était toujours interdit de prononcer.

« Pardon.»

Elle s'éteint, se meurt contre lui, son front retombant contre son épaule alors même que sa main n'a su quitter son visage.

« Pardon. »

A chaque prière de pardon prononcé, ses larmes redoublent, comme si ce seul mot pouvait à lui seul la détruire dans tout ce qu'elle est et croyait être. Lui demander pardon, c'est reconnaître une erreur qu'elle s'obstine à ne pas voir. C'est admettre la défaite. Par dessus tout, au bord même du précipice, admettre que cet amour qu'il donnait toujours sans limite et qu'elle dénigrait lui manquera. Lui manque déjà. Lui manquera toujours. Lui manque au point que ses bras s'en viennent et s'enroulent autour de sa nuque. Étreinte du désespoir. Personne ne viendra à ton secours ce soir. Il n'y a plus que lui. Il n'y a jamais eu que lui.


Veux-tu vraiment... ?
Veux-tu vraiment de moi ?
Veux-tu vraiment de moi, morte ou vive, que je vive dans le mensonge ?



Une minute pour voir s'effondrer tous les efforts que ses amis avaient fait pour l'aider à se reconstruire, le reste infini du temps pour pleurer sa vie perdue sur le cœur même de celui qu'elle portait comme un poids. Et les larmes s'en viennent sans jamais sembler cesser, mouillent le tissu jusqu'à l'en rendre transparent par endroit. Rien ne la calme. Rien ne la délivre.


Veux-tu vraiment... ?
Veux-tu vraiment de moi ?




Veux-tu vraiment de moi, morte ou vive, que je sois torturée pour mes péchés ?









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MessageSujet: Re: Que feras-tu pour effacer ma peine !? [Adriàn & Doriane]   Mer 27 Jan - 2:05

Perdu l'amour et la victoire


Adriàn Morgensen & Doriane

Il a allumé dans son regard une flamme qu'il ne connaissait pas, quelque chose qu'il aurait aimé ne pas voir. Il ne pourra pas dire qu'elle ne l'avait pas prévenu, qu'il n'était pas au courant. Ca se sentait, ce coup qui s'en va frapper son menton, le bras était armé dans ses yeux sombres. La douleur explose, l'humiliation se fait encore plus grande pour s'estomper face au mal. Le choc lui fait ouvrir de grands yeux, Adriàn titube, s'accroche au canapé, faible. Tellement faible sous ses coups, incapable de riposter, pétrifié par la violence du geste, par ses dégâts physiques autant que psychologiques. Bam. Un coup pour le faire taire, pour qu'il cesse de prononcer ce qu'elle refuse d'entendre. Se sentir si faible mais être incapable de réagir, incapable de surmonter la douleur qui lui brûle la peau. Bam. Un coup pour le plaquer contre le mur, son crâne rencontre la pierre, la douleur du menton semble bien faible face à la nouvelle. Puis ce sont les coups qui pleuvent comme autant de douleurs, faibles en comparaisons, fatigués, ils sont pourtant l’apothéose de cette lutte qu'il n'a pu remporter. Il a mal. Cela l'enserre, le blesse et, mon dieu, que son corps aspire à s'allonger. A s'éloigner de cette anima qui n'en finit pas de lui hurler sa rage, qui le meurtrie pour dire des vérités. Aux gestes les mots se joignent et Adriàn n'a pas le temps de recouvrer ses esprits que déjà il subit la torture mentale.

Sauf que si les coups savent le faire taire, les mots ne sont que des armes qu'il a longuement subit. Ah. Que ces reproches sont familiers, il se braque face à sa vulgarité mais les mots sont les mêmes. Le fond, toujours, se répète. Doriane dit ce que le père a prononcé, en boucle, tout du long de l'enfance, tout du long de l'adolescence. Ce discours sur son caractère bien loin de convenir aux ambitions familiales, il le maîtrise. Et a trop l'entendre Adriàn ne lui trouve plus autant de force, il a su toutes ces années lui trouver des réponses, ses réponses. S'affirmer en silence pour mieux se soumettre. Qu'est-ce que j'ai fais de ma vie Doriane ? Mais je l'ai vécu. Pleinement. Je suis tombée amoureux, une fois, je crois. J'ai eu des passions, j'ai essayé des choses et rêve d'en tenter d'autres. J'ai simplement vécu Doriane, simplement ça ! Je n'ai pas ton ambition, ni celle de Papa mais est-ce que ça fait de ma conception de la vie une mauvaise chose ?! Est-ce que vouloir la simplicité fait de moi un pauvre gars ? Je le reconnais ! J'ai profité de l'argent de la famille, de son statut. Ah ça, j'aime le dire que je suis un Morgensen… puis me faire oublier, juste parce que ce nom me donne accès à des privilèges qui m'épanouissent. Ou pas, ça dépend de certains. Parce que je peux le faire, je le fais. Parce que je peux le prendre, je le prend. Crois-tu que les autres feraient différemment s'ils étaient à ma place ? Crois-tu vraiment que je devrais ignorer mon nom, vivre comme tous, fantasmer sur ce que je pourrais avoir ? Alors que je peux l'avoir ? Je peux tout avoir car je suis Morgensen, alors oui je prend ! Alors oui je profite ! Je n'ai pas l'hypocrisie de me nier ! Je fuis les conflits, je fais le dos rond. Je le sais. Je ne sais pas comment dire « non », je n'ai jamais su rejeter l'autre et je me fous de savoir pourquoi. A cette question, je ne veux pas de réponse. Cependant je ne suis pas un jouet, mais il est possible que je sois une victime consentante. Et que j'ai créé mon propre drame en imaginant que vouloir la simplicité, vouloir tous vous satisfaire et ne jamais, jamais, vous contrarier, soit possible. La « lâcheté » de mon affection est mon crime, mais est-ce que cela fait de moi une personne aussi méprisable que tu le dis ? Non. Certainement pas.

Adriàn le pense souvent, à chaque fois que le père le remet à sa place, à chaque fois qu'il est ignoré ou incompris. A chaque fois Adriàn y pense, mais Adriàn se tait car les conséquences seraient bien trop désastreuses. Parce que ces phrases-là, elles n'arrivent pas à sortir de sa bouche, les mots restent coincés dans la gorge. Puis il oublie. C'est ce qu'il fait de mieux, oublier. Mais comment oublier quand elle le martèle de ses coups ? Quand les mots continuent de pleuvoir, quand tout a disparu et que rien n'est assez fort pour détourner son attention ?

Tu m'as mal compris, tu es un jouet. Je n'ai pas dis poupée ou pantin, j'ai dis jouet. Tu es un jouet parce que l'on t'a créé pour satisfaire un besoin. Parce qu'il y a quelqu'un qui s'est dit «j'ai besoin de ça » et ce quelqu'un t'a refilé à notre famille. L'ironie est si belle. Il n'empêche que tu n'es qu'un jouet, aussi fort cries tu ton indépendance, tu n'en restes pas moins une lubie. Peut-être même que cette liberté que tu revendiques, c'est juste un trait de caractère qu'on t'a imposé. Peut-être que l'auteur adorait l'idée de ta solitude. Il la magnifié, et moi comme le dernier des idiots j'ai désespérément voulu percer ta coquille. Foutaise, tu es née pour la porter.

Il a mal. Sa tête le lance encore, c'est amer, il y a du sang qui goutte. Il a mal. Une pierre dans son estomac, le coeur au bord des lèvres, la déception qui le tire vers le sol. Partagé entre les larmes et la rage. Entre l'envie de tout détruire et celle de fuir. Partir, là, pour ne plus l'entendre, pour ne plus la subir. Partir et oublier tout cela, faire comme si elle n'avait jamais existé. Tout oublier, se réveiller l'esprit lavé.

Papa va te déconnecter. Te priver de sérum, t'enfermer et le jouet est remballé.

Sentir la tristesse se faire une large place en lui. La boule dans sa gorge prend de grosses proportions mais elle continue, encore et encore, à attiser la rage en lui. D'opportuniste, le voilà hypocrite. A l'entendre il est le pire en l'homme. Milles émotions. Il veut la faire taire, mais quelle se taise ! L'obliger à se taire et qu'elle l'écoute, qu'elle lise en lui ces mots qu'il murmure tout bas. Entend moi. Il a les réponses. Fuir pour ne plus subir tout ça et dans le même temps, il voudrait juste exploser. Laisser ces larmes couler, pleurer la mort d'une sœur, deuil d'une famille, d'une enfance. Pleurer cette histoire qu'il croyait avoir vécu mais qui n'était qu'une chimère.

Et pourtant je ne te hais pas. Je ne te hais pas dans ce que tu es, une anima. Tu es faites ainsi, cela sera donc ainsi. Mais je te déteste de ne pas être comme moi. D'avoir un programme à la place du coeur, que chacun de tes mots posent la question : « cela vient-il de toi ou est-ce que tu devais le penser ? ». Où est la vérité et le mensonge dans ta personne ? J'en ai entendu me dire que vous aviez votre propre histoire, que le programme est le point de départ pour un envol mais toi dont je ne connais rien, comment étais-tu ? Qu'est-ce que la vie a changé ? Je ne sais rien.

Il se déchire de la vouloir déprogrammé. Que ses batteries s’amenuisent, qu'elle s'étende sur le sol. Que son chien se taise, il n'en peut plus de tout ce bruit. Il va exploser, sa tête va exploser. Pourtant elle continue, inlassable. Elle profite de l'avantage, le pousse plus bas, appose son talon sur sa nuque et lui fait courber l'échine.

J'ai envie de partir. Ne pas la comprendre, tu te fous pas un peu de moi ? Je n'ai fais que ça avoir, les tripes de te comprendre ! J'ai tout donné pour me faire accepter, pour que tu t'ouvres mais la Reine refusait l'accès ! J'avais la figure d'un Cavalier, tu attendais un Fou. C'est toi seule qui t'ai enfermée ! Toi seule qui a construit ce fossé entre nous ! Mais merci ! Merci Doriane ! Jusqu'à ce matin je croyais qu'il existait milles ponts nous reliant, que sous ta froideur se cachait une affection aussi sincère que la mienne ! Merci de t'ouvrir enfin, que je vois toute l'étendue de ton mépris.

Les larmes sont aux bords de ses yeux. Il se déchire de part en part sans n'avoir rien auquel se raccrocher. Il n'a pas l'égo assez grand pour se blesser d'avoir été battu par une femme, il a bien trop de déception pour que la rage suffise mais pas assez pour que la tristesse l'emporte. Adriàn se déchire en l'entendant détruire tout ce en quoi il croyait et c'est un long, fastidieux, instant où il se sent couler. La terre l'appelle, l'envie de s'y blottir, d'oublier, est immense. Droite, vivante, Doriane s'impose quand lui n'aspire qu'à disparaître.

Pourtant, c'est toi l'objet.

Elle mélange tout, lui balance des phrases qui ne trouvent pas de sens en lui. Ces « déchets » sont ses proches et là encore, il ne voit pas où est le mal. En quoi la douceur de Serana est un défaut ? En quoi vivre sans ce drame qu'elle adore, est négatif ? Elle aime la solitude, l'indépendance ; elle aime être dévorée d'ambition, quand lui ne souhaite que la simplicité, la proximité et la dépendance. Lui, il ne veut pas finir seul, les os glacés.

Tu hurles que tu n'es pas un jouet, ça fait la combientième fois que tu me le dis ? Ça tourne dans ta tête, ça revient, c'est un cri qui n'en finit pas. Me parles tu vraiment ou essais-tu de t'en persuader, Doriane ?

Enfin elle l'achève, son dos implose sous le choc, un cri s'échappe mais meurt bien vite sous la menace de l'arme. Elle ne va pas oser. Lentement les yeux d'Adriàn s'écarquille, ses mains remontent doucement, paumes vers le haut pour appeler à la paix. Elle le hait donc à ce point. Pour la première fois depuis l'affrontement il n'y a qu'une émotion en lui. La peur s''infiltre partout, le fige, annihilant tout ce qu'il y a de policier, réflexes ou instinct de survie en lui. Tu ne vas pas me faire ça. Tu ne peux pas. Tu peux me frapper, tu peux m'injurier, mais tu ne peux me haïr au point de me vouloir mort. De désirer bafouer toutes les Lois pour t'assurer que jamais plus tu n'entendras cette voix que tu sembles tant haïr, ce visage que tu méprises avec ardeur. Tu ne peux pas. Il a mal et est épuisé. Il est blessé par les mots, par toutes ces dernières minutes ; il s'est disputé, violemment mais ce n'était qu'une dispute comme tant d'autre, un peu hargneuse, mais… mais cela ne signifie pas qu'elle aspire à sa mort. Cela ne se peut. Il n'a pas… il a l'amour idiot. Il se hait en cet instant d'avoir l'espoir dans les yeux, la suppliant silencieusement de ne pas appuyer sur la gâchette. Oh il a comprit qu'elle le préférerait brave, intrépide mais lui, tout ce qu'il fait c'est supplier. Laisse moi vivre cette vie dont tu ne veux pas. Il se hait d'avoir aussi mal mais de ne pas réussir à la haïr, de ne pas avoir la force en lui d'avoir assez de rage pour la briser, pour lui rendre au centuple la monnaie de sa pièce. Il se voudrait rancunier, violent, ardent. Plein de colère, la provocant, se révoltant, tournant l'arme contre elle pour l'entendre, Elle, supplier ! Ce n'est pas si compliqué, un coup dans les jambes alors qu'il bascule. Le voilà qui se redresse, un coup d'avant bras pour repousser l'arme, se jeter contre elle et s'en aller valdinguer. Récupérer l'arme, la pointer et la regarder s'effriter, admirer les larmes et jouir du goût sucré de la revanche. Mais Adriàn ne fait rien, immobile, attendant son heure. Elle ne peut pas, elle ne veut pas. Il n'y plus de peine, plus de déception, juste lui et elle. L'adore t-il assez pour lui pardonner jusqu'à sa propre mort ? S'il te plaît. Sa main touche sa joue, caresse d'une douceur infinie qui le fait frémir d'espoir. Tu ne peux pas me haïr à ce point car, moi, je n'arrive pas à te détester. Je n'y arrive pas. Sans raison logique, sans volonté, je n'arrive pas à me dire que la femme d'hier est celle qui effleure ma joue du canon de son arme. C'est ridicule, méprise la ! Hais la ! Il n'y a rien qui puisse justifier ses coups et sa haine, rien qui ne tolère le meurtre. Détruit la ! Ne l'as t-elle pas fait avec toi !? Adriàn s'accroche, incapable de lâcher prise, la dispute est clôt et il prend conscience que les adieux sont déchirants. Ne pas tout perdre. Il se retient à ce sentiment qui ne part pas. A cette chose en lui qui fait qu'il n'a jamais cessé de la chercher. Je sais que j'ai raison. Il est idiot, c'est un idiot fini que cet homme qui se hait et se lamente, qui supplie et pleure, mais qui pourtant n'a pas su tenir les traits de la haine. On m'a souvent dit que l'aimer serait folie. Je la connais mieux qu'elle-même. C'est une anima, ce qu'elle est n'est que mensonge. Cette affection est factice, il n'y a rien de juste, rien de vrai en elle. Tu ne peux connaître une illusion, tout au plus, est-elle un fantasme. Rien de plus. Qu'un fantasme. Je préfère le doute aux regrets. Elle n'existe pas, cette anima est la réalité quand le reste n'était que mensonge. Le réel, c'est ce cauchemar que tu ressens dans ta chair, pas le rêve d'autrefois ! J'ai raison. Le son mate de l'arme qui chue. Il sourit de soulagement, son coeur peut reprendre une course normale et la tension, peut s'apaiser. Ses bras se referment sur elle, caresse ce dos qui tressaute. Ca va aller. Il serre fort sans répondre. Ne t'inquiète pas. Chaque « pardon » est un baume.

Ca va aller. Tu vas t'en sortir. Nous allons nous en sortir. Pardon, j'aurais pas dû. Le choc. Tu ne vas pas bien, Doriane. Serana… ce soir… je comprend, je comprend tout. Ca va aller, je ne vais pas te lâcher. Excuse moi pour mes mots, j'ignorais que tu venais de l'apprendre…

Culpabilité de ne pas réussir à soutenir celle qui l'attend dans un lit froid. Pardonne moi mon amie. Il n'y arrive pas. Il essaie d'avoir la colère mais tout s'envole alors qu'elle pleure dans ses bras, tout disparaît quand elle s'excuse. Un pardon, et rien n'a plus d'importance. Désolé. Il s'excuse d'avoir été agressif, de lui avoir hurlé ce qu'il pensait, pour une fois, il aurait dû se taire. Malheureux de la voir ainsi, mal d'en être la cause. Quel est ce mal dans lequel je m'enlise. elle l'a traîné dans la boue, il a envie de la serrer plus encore. Elle s'est excusée, elle va mal. Il a toujours eu milles excuses pour elle. Elle jure de ne pas avoir besoin de lui. Adriàn se sent empli d'un bon sentiment, une bouffée de bonheur en la serrant contre lui. Si, elle a besoin de lui. Il le savait. Il est tellement persuadé qu'elle est la femme qu'il imagine, celle qui cache un cœur délicat sous une armure de fer. Le goût du sang sur sa langue ne suffit pas à le ramener à la raison. Pour qui mon regard s'éclaire. Elle a agressé Serana, elle la injurié… elle la menacé avec une arme ! Et rien de tout cela, rien, n'arrive à le faire la haïr. Faut-il qu'elle tue quelqu'un pour qu'il ouvre les yeux ? Il n'y a rien de noir en toi. Car Adriàn continue de ne voir que le bon, de s'accrocher à ce souvenir d'elle, en dépit de tout. Désolé. La culpabilité au ventre, il l'oblige à abandonner son épaule pour le regarder. Désolé Serana, tu n'auras pas ta vengeance et moi, je ne serais pas cet homme hargneux qu'elle voudrait que je sois. Il se sait homme sans audace, fade, soumis. Un homme que l'on peut menacer, que l'on peut frapper. Incapable de prendre de risque, il est un pauvre enfant dans un grand corps. Je ne veux pas te lâcher, jamais. Rien qu'un gars que l'on méprise. Je préfère être haïs que tomber dans l'indifférence. Même pas capable de rendre coup pour coup. Pour qui devenir un héros. Juste un pauvre gamin qui joue à l'adulte. Il n'y a rien de mal à cela. Elle est une anima, Doriane est une anima. C'est un mensonge fait de chair, un mensonge toxique qui le tire vers le bas. Il est décomposé, il est perdu sans elle. On m'a souvent prédit l'enfer au paradis si je suivais ses pas. Il se souvient, il n'a pas cessé d'y penser. Elle a les yeux rougis, c'est la première fois qu'il l'entend s'excuser. De son pouce il lui essuie ses larmes. Sa main glissa derrière sur sa joue, s'enfonçant dans ses cheveux en une caresse. Prendre l'arme, être un homme, enfin. Sa prise sur la masse brune se fait plus forte. Elle a besoin de lui, enfin. Il n'a fait qu'y penser. Il a encore la texture de sa peau sur la sienne. Elle a besoin de lui.

J'ai besoin de toi. De façon absurde et injustifiable j'ai besoin de toi pour tenir debout, pour être entier. J'ai besoin que tu sois la même sinon mon monde s’effondre, laisse moi m'accrocher à mes fantasmes pour que rien ne change. Laisse moi être lâche encore quelques instants, me faire croire que toi et moi ça voulait dire quelque chose. Que mon affection n'était pas infondée et que tes mots et tes coups n'étaient qu'un élan de colère. Laisse moi oublier que tu as abîmé le corps de mon amie et apposé sur ma tempe ton arme. Toi qui refuse de dépendre de qui que ce soit, laisse moi dépendre de toi. Encore un peu, simplement encore un peu. Il sourit, elle a quelques larmes sur les cils. C'est un mensonge que cette chose qu'il regarde avec tendresse. Il l'effleure.Le temps d'un instant, vivons dans le mensonge.  Un jouet. Revenir effleurer ses lèvres des siennes. Une Galatée. La prise sur sa chevelure se resserre, ses lèvres enfin osent franchir l'interdit, conscient et délibéré. Sa main libre s'en va trouver la nuque, du bout des doigts esquisse la courbe de son corps. La passion rythme le baiser qui n'en est plus un, la main trouve sa place sur cette gorge.


Sonne et sonne le tocsin d'Avalon.




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MessageSujet: Re: Que feras-tu pour effacer ma peine !? [Adriàn & Doriane]   Dim 31 Jan - 6:29

Que feras-tu pour effacer ma peine !?


Adriàn & Doriane Morgensen

Du brasier en ses yeux ne restent que des cendres, douloureux résultat d'une agonie trop longtemps retenue. Comment se peut-il ? Il balaie tous les codes entre eux d'un revers de paroles, de ses bras qui l'enserre. Elle devrait le haïr plus encore pour cette faiblesse qu'elle sent s'infiltrer dans sa chaire, pour cette force dont il la prive, pour ses larmes qu'elle ne sait plus retenir. Pour ce pardon, tombé comme une masse entre eux deux. Pardon. Doriane Morgensen n'implore jamais le pardon. Elle se tord pourtant sous le poids de la culpabilité, sous la vue de ce sang qu'elle a fait couler de ses mains et lorsqu'à la fureur et au dégoût qu'elle croit attendre ne s'en vient que l'étreinte, elle se brise plus encore sous l'effet de ce soulagement effroyable faisant s'échapper la douleur. Serre-moi encore. Serre-moi, jusqu'à étouffer de toi. A ses mains qui s'en viennent effleurer son dos, elle se perd plus encore, se défait de tous ses masques, de son armure au complet. Ça ne devrait pas être ainsi. Nul ne peut la toucher ainsi, surtout pas lui. Surtout pas toi. Non, ne me touche pas, ne me frôle pas ainsi de cette insupportable tendresse qui toujours émane de toi. Elle s'en voudrait venir serrer sa gorge, la serrer aussi fort qu'il ne la tient entre ses bras. Alors son souffle s'en irait, la pression de son corps avec. Il tomberait, se tairait, pour toujours, cesserait de la toucher. Ne me touche pas. Serre moi. A son visage s'en vient cette main qui effleure, chasse les larmes. Tout cela fait trop de bien, extirpe la rage en son for, la lui arrache pour mieux la priver de son éternelle indifférence forgée de mépris. Personne ne viendra, que lui. Que lui qui la soumet sans rien en voir, qui la subjugue sans rien en deviner.

Tu n'as pas le droit Adriàn. Toi, plus que nul autre, n'a ce droit de la rendre plus humaine, de lui enlever si facilement ce poids qu'elle porte au cœur. Il n'écoute rien, enfant déraisonnable qui se meut sous son corps pour toujours mieux s'en venir recoller les morceaux de sa vie. Tu ne devrais déjà plus être là. Profite de ce mince instant de paix pour t'en retourner d'où tu viens et va-t-en. Emporte au loin avec toi ce long pan de sa vie qu'elle sait déjà perdu. Emporte tout, ne laisse rien. Par dessus tout cesse de lui donner ce qu'elle-même se refuse à prendre. Mais il donne cet homme, donne et donne sans compter pour mieux raviver cette femme qui ne lui a jamais voulu tant de mal qu'en cet instant précis. Elle le voudrait mort. Elle le voudrait lâche. Plus lâche encore qu'il ne l'est. Qu'il retrouve sa colère, son écœurement, la martèle de nouveau. Traite la d'objet, rabaisse-la plus bas que terre. Pourquoi ne fais-tu jamais ce que l'on attend de toi fils humaniste ? Pourquoi laisses-tu ta main se perdre dans cette chevelure éparse comme l'on se raccroche à la roche, le reste du corps dans le vide ? Déjà, elle ne peut plus s'en défaire sans pouvoir pleinement accepter la capitulation. Arrête. Arrête ça, maintenant, avant qu'il ne soit trop tard. Avant qu'elle ne puisse plus jamais te laisser quitter cette pièce. Homme absurde. Homme dissipé. Il signe la fin d'une guerre pour mieux en déclarer une autre alors même que ses yeux s'en reviennent trouver les siens. C'est fini. La victoire pour lui seul. Terminé. C'en est fait d'elle, de ce qu'elle était, de ce qu'ils furent toujours. Ce regard dans ses yeux, cette étincelle bienveillante qui s'en vient balaye tout sur son passage, fait s'effondrer les murs entiers d'une longue existence pour s'en venir construire la plus dangereuse des fondations.

Ne me regarde pas ainsi. Ne t'approche pas ainsi. Elle se perd à vouloir se défaire de lui, de lui qui s'en vient, de lui dont les lèvres s'en viennent capturer les siennes dans les plus belles traces de l'indécence. Enfant et frère se meurent. L'ennemi s'en vient les rejoindre pour mieux la laisser pantelante, fébrile. Rien qu'un dernier instant pour te voir, une dernière seconde pour leur dire adieu au murmure d'un frisson de désir. Il balaie tous les codes, s'en vient braver toutes les lois et la voilà qui se fond en retour. Cette bouche injurieuse et injuriée s'en revient à la sienne, mordante, avide.


D'où que l'on vienne, met ta main dans ma haine.


A-t-il seulement conscience de cette folie où son geste l'entraîne ? Plus de place pour la raison. Personne d'autre que lui. Que lui qu'elle attire plus encore, qu'elle enchaîne à sa propre tourmente pour mieux le mener dans ses sillons. Si tu es incapable de haine, aime-moi. Aime-moi plus fort que tu n'as jamais su le faire. Aime-moi de toute ton âme et sans plus rien voir du monde alentour. Aime-moi comme je t'aime. Comme je te hais. Confuse dans l'empressement à le sentir toujours plus proche, elle bascule, le perd pour mieux le ramener en ses eaux. Lui au-dessus, elle entame les prémices d'une danse enfiévrée dont elle ne le laisse jamais pleinement maître, encadrant son visage de ses mains pour mieux s'en venir approfondir l'innommable. Au matin qui s'en viendra, pas d'excuses. Peine et effluves d'alcool ne suffiront pas à justifier l'infamie qu'elle commet sans remords. Sans commune limite, alors même que ses mains le découvre et l'apprenne, glissant tour à tour des simples lignes de sa nuque à la courbe de ses reins.  Elle le veut, le veut aussi fort qu'elle a toujours su si bien le rejeter. Puisque tu n'as pas voulu partir quand il en était encore temps, te voilà perdu Adriàn. Perdu pour toujours. Perdu comme elle se perd en toi, s'embaumant toute entière au parfum de cette peau réclamée dans l'urgence et que ses doigts s'en viennent délivrer de cette chemise devenue trop encombrante entre eux deux. S'efface le fer des morsures aux marques que sa bouche s'en vient laisser sur son cou, sur son torse. Aime-moi. A-t-elle jamais clamé si fort son besoin d'un autre être ? Par delà le goût de l'interdit, se trouve l'essence même de ce qu'elle a toujours convoité en silence. La violence de ces caresses impudiques n'entame rien à la douceur, parsème tout au contraire cette dernière sur chaque recoin de son être. L'amante devient aimante, retient chaque soupir qu'elle parvient à lui tirer pour mieux en forger d'autres, ne trouvant son plaisir que dans celui qu'elle procure, que dans cette sensation enivrante de cette brûlant contre la sienne. Et elle brûle l'Imprenable, celle-là même qu'il s'en était venue confronter, se consumant toute entière jusqu'à en perdre son souffle contre ses lèvres qu'elle ne s'en veut jamais quitter. Je me bat contre moi. Je suis bien contre toi. Bien, au delà du possible. Bien à n'en plus jamais vouloir s'en relever. Bien, à s'en venir le conduire à se redresser. Toi et moi à genoux sur ce sol, comme en prière, en parfaite communion. N'en détache jamais tes mains. Ne m'enlève jamais de tes lèvres. Du bout de ses doigts, elle s'en vient redessiner les lignes anguleuses de sa musculature, s'éprend à s'y perdre de ce corps frissonnant. Pour s'en venir gagner l'Enfer, la seul voie passe par celle du divin.Face à face au seuil de l'ivresse, dans la pudeur de nos peurs qui se plaisent, je te promet l'extase.










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MessageSujet: Re: Que feras-tu pour effacer ma peine !? [Adriàn & Doriane]   Ven 5 Fév - 2:24

Perdu l'amour et la victoire


Adriàn & Doriane

Il est condamné. Sans appel, c'est la sentence qui tombe et lui, pauvre pécheur, ne peut rien y faire. Nulle plaidoirie ne lui apportera la miséricorde. Adriàn est coupable dès l'instant où il prit ce baiser à Doriane et dès la minute où de victime elle devint complice, le mal était fait.

Un. Deux. Trois. Il pourrait parler pendant des heures de la sensation d'interdit qui se diffuse dans ses veines, de cette agonie délicieuse qui le tire vers le bas et lui tord le coeur. Il y a des dissertations qui s'écrivent sur la peur humaine qu'Adriàn éprouve en cet instant, de cette morale qui crie son indignation dans un recoin de son esprit ; trop faible voix pour être entendu. La morale n'a pas la force de se battre, à la loyale elle est terrassée par une tentation bien plus grande, bien plus puissante. C'est comme un ordre divin, un souffle qui lui inspire une déviance qui ne peut être évité. Ah. Il n'est pas seul dans ce travers, cette douce agonie bien d'autres l'ont subi. Cessons la les comparaisons avec la mythologie ou autres religions, laissons la les grands écrivains et les personnages de romans, qu'ils reposent en paix dans nos esprits car Adriàn en ce moment là perd ce qu'ils ont eut. Elle répond à son baiser. La peur, la culpabilité, elles s'effacent. Il n'y a pas de drame à raconter, il n'a pas envie de la repousser, d'être torturé entre le désir et le dégoût.  Il n'a pas la culpabilité en écharpe, ne croit pas en l'Enfer et, le joug du père et de la société, il n'y pense en rien. Ses mains sur son torse s'en vont dessiner ses courbes. Il n'a rien d'interdit car en ce moment précis, cet instant là où tout bascule, Adriàn se moque du monde. Il rit de la morale, rit de ce qu'on peut en dire et de ce que l'on peut en penser ; il n'a aucun respect pour ses propres sentiments, son envie ardente de jouer la comédie de la famille ? Il n'y pense plus guère. Il n'y a rien en lui, pas même les yeux de Serana, pour dramatiser l'instant. C'est une histoire bien simple que la sienne, alors que l'univers aime à raconter des tragédies, lui n'est qu'une longue comédie romantique. Mais s'il faut choisir un drame, alors, à choisir, il est Léon Nicolaïévitch Mychkine. Il est l'Idiot.

Partagé entre une amie aimante mais cruelle de passion, attachante avec ses yeux de biches et sa voix de velours qui l'enserre dans une relation qui ne pourra qu'aboutir sur un mariage ; mariage qu'elle saurait sans nul doute planifier s'il en montrait l'inclinaison. Et de l'autre, la femme intouchable, la Beauté qui sauvera le monde. Ses mains opalines ouvrent la chemise, elle se froisse sur le sol. Serana est si belle, si douce et si aimante, elle ne peut qu'être aimé et amoureuse de lui. N'y a t-il pas plus belle évidence que ces deux-là ? Le frisson de ses mains sur son corps, il effleure, se brûle, sur ses épaules fines. Le tissu épais du sweet le fait imaginer la douceur de la peau, sa couleur, son grain ; il invente une odeur. Il devrait être avec elle, avec cette autre femme qui l'attend couchée dans un grand lit. La retrouver pour guérir ses blessures, apposer sur son front un baiser et dans ses mains, une tasse fumante. Chocolat chaud, la faire sourire avec les marshmallow flottant. Il devrait être là-bas avec cette évidence que tous supposent, ne sont-ils pas parfaits ?Pourtant...

A genoux sur le sol, une main sur le visage pour la garder auprès de lui. Pour que ce baiser jamais ne s'arrête. Et cependant il dérive à la commissure des lèvres, se perd sur la joue, et s'en va suivre le chemin de la nuque pour s'égarer toujours plus avant. Il n'est pas question de palpitation, d'envie ou de désir ; il n'est pas question d'épiphanie, Adriàn ne se sent pas tomber amoureux et il ne peut envisager de beaux discours à émouvoir, ses papillons sur sa peau c'est un chemin lumineux qu'il poursuit. Il se brûlera les ailes pour elle et ce sans même s'en rendre compte. Le sweet infâme, il le contourne. Élimé, il a l'odeur musqué et la taille qui va avec.

Laisse ce pull, et fuit.

et Un. Deux. Trois. Ses mains sur sa peau nue. La taille est fine, la peau a la douceur de son imagination. Pourquoi n'y a t-il pas de peur en lui ? C'est un homme étrange. Pourquoi n'y a t-il plus de folie, de dénie ? Rien qu'un immense vide, aucune pensée parasite, aucun mensonge dans ses gestes et ses soupirs. Il n'y a de fausses notes car aucune partition ne le guide, Adriàn, sans filet, caresse du bout de ses doigts la peau d'un ventre qu'il n'aurait dû avoir l'audace d'approcher. Faut-il donc qu'il soit si pur pour que jusqu'à ce moment hors du temps, il n'est plus aucune prise avec le réel.

Non.

L'envie est là. Le désir, est là. Dans son esprit caché il n'a fait que grandir, il n'a fait que s'alimenter de tous les regards qu'elle lui lançait, de tous les sourires qu'il lui volait. Il a glané dans ses paroles, dans l'attention qu'elle pouvait lui porter et dans l'espoir que d'autres qu'elle lui insufflait, un désir inassouvi. Une tentation. Elle est là, dans le creux de son esprit, lové bien au chaud, la Tentation. Lucas lui dit : « tu sais, elle parle de toi » ; Lucas sourit : « elle est généreuse, elle ne le dit pas ». Serana grince des dents, Adriàn ne l'entend pas. Un portrait se forme à partir des pièces d'un puzzle dont il ne connaît pas le tableau final, il voit son visage sur l'image. Elle est là, sublimée. Elle est bien plus humaine dans ses fantasmes, bien plus lumineuse mais comment, comment cette femme qu'on lui décrit et qu'il devine derrière l'ombre, peut être celle qui le repousse sans cesse. Qui creuse l'abysse de son manque de confiance à grand coup d' « idiot ».

Dans le portrait que l'on fait d'elle, elle est tour à tour forte et sensible, étonnante et sombre, attentionnée et égoïste. Insaisissable, elle est fascinante. Il l'admire. Silencieusement, il admire ce qu'elle est et désir trouver ce qu'il voit. La côtoyer, c'est un peu comme entendre malgré soit une énigme dont on ne se débarrasser du besoin irrépressible de la résoudre. Le pull glisse sur son ventre, un baiser impudique. Cela devient une obsession, c'est horrible, d'avoir une pensée dans la tête, ça ne part pas. Il s'égare avec d'autres mais elle reste, tenace. Elle est là, là, elle ne veut pas le quitter, elle est si vicieuse qu'elle se travestit pour que jamais il ne la repousse. Tu aimes simplement énormément ta sœur, voilà tout. Tu es de ces hommes éperdument dévoué, voilà tout. Lucas confit qu'elle a eu un regard pour lui, et lui de sentir un trou se combler. Lucas dit mais Doriane contrecarre, elle le repousse, l'attaque, mord son orgueil. Adriàn ne comprend plus, Adriàn a besoin de la comprendre, de faire vivre ce portrait sublime qu'il s'est créé. Le puzzle est magnifique, il ne peut l'abandonner alors, elle aura beau le repousser pendant des années et des années, il ne cessera jamais de la poursuivre. Je me ferais aimer de toi ! Je me ferais aimer de toi.

Et un. Deux. Trois. Glisse sur le grain de peau, le pull dévoile des rondeurs. Le vêtement est enfin enlevé, il ne sait pas où il tombe, là-bas ou ici, cela n'a pas d'importance. Il devrait peut-être se faire pressant, s'enivrer et s'approprier ce qu'il ne se laisse pas le temps de voir. Aller la chercher, la cueillir sur ce sol qu'ils réchauffent et ces vêtements qui sont de trop, eux aussi glisseront. C'est avec tendresse il regarde ce qu'il devrait prendre. La pensée est là, plus forte, plus persistante. Son souffle se raréfie, sa bouche s'entrouvre ; elle a les yeux d'un bleu si clair. Il aurait dû aimer Serana, mais la Beauté sauvera le monde. Adriàn fondit sur elle, peau contre peau pour prolonger un baiser qui n'aurait pas dû se terminer. Il s'étire, s'emporte, et ses mains sur son dos le presse contre lui. La main ferme sur ses reins, soutiens, je serais toujours là auprès de toi, et l'autre qui se laisse chuter. C'est une danse, un ballet, qu'il ignorait avoir apprit par cœur. Il connaît des règles qu'il n'a jamais lu, à des principes alors qu'il bafoue le principal. Qu'elle est petite dans ses bras, si légère quand il la soulève, invitant d'une caresse ses jambes à l'encercler. Tu es la Beauté, cette femme qui d'un regard ferait plier n'importe quel homme. Créée pour la passion, je te vois fragile quand d'autre te voit forte, mystérieuse ; tu es celle qui déclenche des tempêtes et des averses dans nos esprits. Quoi que tu fasses, quoi que tu dises, ton regard sur nous est un sceau que tu apposes. Il n'y a pas de rivalité entre toi et les autres, car nulle concurrence ne peut exister quand l'évidence s'impose. Tu es l'évidence de bien trop d'homme. Ce pull sur toi qui excite ma jalousie, je me plais à marcher dessus alors que je te portes vers ce que je devine être la chambre. Le meilleur de moi, le pire de moi, tu fais tout ressortir, un lit pour te coucher car tu vaux tellement mieux que le sol d'un salon ; un désir plus fort que la raison, tu succombes à mon péché. Il y a des femmes comme Serana qui sont bien à plaindre, les larmes d'une amante ne peuvent rien ; tu as détourné nos regards d'elle, mon regard. Rien de bon ne peut sortir de notre union, il n'y a ici pas de promesse d'avenir glorieux, nulles étreintes affectueuses enivrées d'espoir mais simplement un désir fort, surprenant, obsédant. Une évidence que c'est elle qui, toujours, gagnera la partie. Y a t-il seulement eu conflit quand depuis ce jour-là où ils se sont rencontré, il a noué les prémices d'une obsession ? Peut-on parler d'amour ? C'est au-delà de ça, c'est plus violent que ça, c'est un amour nourri d'un besoin. Ses yeux tendres mémorisent jusqu'aux grains de beauté sur sa peau, pour venir s'accrocher à ce regard. La main gauche à côté de son visage, le bras droit, il la couvre de son ombre. Un sourire, il y a de l'affection dans ses yeux, il y a même de la fièvre dans l'estime. Le front, le nez, le chemin sur son corps est un tracé aléatoire dont il ne se lasse pas. Pourtant, cette fois, le chemin est droit et dans sa lenteur, dans tous les infinies détails qu'il fait, dans sa façon attendrie de la mordre, de la toucher jusqu'au soupir qui s'échappe ; le chemin pourtant ne dérive pas.


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MessageSujet: Re: Que feras-tu pour effacer ma peine !? [Adriàn & Doriane]   Sam 6 Fév - 6:40

Perdu l'amour et la victoire


Adriàn & Doriane Morgensen

Le corps en combat, elle sait la garde, elle sait les coups. Ne s'attend pourtant en rien à l'ampleur de la violence qu'il déchaîne contre elle. Sa bouche pareille à l'air que l'on respire s'en devient indispensable, s'en va et s'en vient toujours sur la sienne comme l'on craindrait de tomber dans le vide faute de s'y être attaché. Comme une saveur de folie, c'est chaud. Ça a le goût du Diable, auquel elle s'offre sans retenue, sans une once de cette hésitation qui leur fait alors tant défaut à tout deux. Où te caches-tu, belle raison, toi qui t'en devrait frapper de ton éclat les amants enfiévrés n'ayant aucun droit d'en devenir ? Où te caches-tu, toi, le cruel bon sens qui devrait si bien s'en venir les ramener à cette réalité dont ils n'ont déjà plus la moindre conscience ? Aux seuls sons de leurs soupirs, rien ne s'en vient déranger ce ballet infernal balayant le monde alentour. Une elle, un lui. Un eux qui s'en vient vivre après des années passées dans le silence et la frustration de se trouver toujours si proches sans jamais vraiment pouvoir s'atteindre. Est-ce donc ce sentiment impérissable que de n'avoir jamais su le surpasser qui la conduit à la faute ? Est-ce ce seul besoin d'être reconnu à ses yeux qui animent les mains d'un homme ? Tant de questions, pas un espace pour s'en venir accueillir une réponse. Ils dansent et c'est à la lueur de cette seule indécence qu'elle en découvre un autre dans celui qu'elle croyait pourtant connaître par cœur. De l'enfant timide et envahissant, de l'adolescent aussi plaintif que paresseux, de cette moitié d'homme au tempérament tellement contraire au sien ne reste qu'une force surprenante l'entraînant dans son sillage. La lutte alors n'a plus de sens face à l'évidence du péril. La bataille déjà perdue, que peut la raison, même celle de la bravoure ? Elle se trouve là, impuissante, face aux forces de l'amour qu'il étend contre elle, déchirant le voile de sa pudeur pour mieux s'en venir la couvrir de sa peau. De cette peau aux mille parfums l’imprégnant toute entière, sans aucune hâte, sans empressement. Rien que son regard dans le sien pour contempler le nouveau dans l'ancien ; elle se perd, se fourvoie pour l'étranger dont elle sait déjà le nom. Et un. Deux. Trois. Une main glisse, s'en revient, la ramène, l'éloigne pour mieux la recouvrer. Insatiable Érysichthon qu'il délivre et embrase, elle prête en cette nuit allégeance au moindre de ses vœux. Donne tout et en reçoit plus encore de cet homme soudain plus grand, plus fort. Celui dont on n'attendait rien s'en devient seul capable de cueillir la fleur de fiel qui déjà s'éprend et enroule autour de son corps ses épines pour mieux s'en venir gagner un autel bordé de noir. Il porte. Emporte. Déracine jusqu'à la plus persistante de ses certitudes dans cette douceur innommable la prenant toute entière alors que se dessine l'étincelle d'une tourmente nouvelle. Cesserait-il donc jamais de la défaire ? Lui qui hier encore pleurait de tant de larmes qu'un océan pourrait en naître, ne semble être fait que dans le seul but de détruire ce qu'elle sème. A ce courroux toujours si savamment appliqué, il répond de sourires. A cette indifférence affichée, toujours cet élan pour s'en revenir la trouver, la gagner. La posséder. Il ne laisses rien au calme, toujours prompt à déclencher la tempête. Toi, toujours repoussé, ignoré, humilié, qui aurait-pu parier un jour sur l'efficacité de ton entêtement ? Loin du saint brisant ses vœux, il est le Malin, fallacieux, bien trop patient. Il est cette ombre tapie dans un coin du décor à laquelle on ne prête aucune attention et avance en silence, attendant son heure pour mieux venir faire basculer la paix. Il aurait fallu s'en méfier. Il est déjà trop tard. Les mailles de son filet, tendues avec trop d'application, déjà, font se fermer ses paupières pour mieux lui en faire savourer la sensation brûlante de sa bouche conquérante parcourant ses terres et jusqu'au point culminant. Là où la résistance devrait clamer, la délectation prend le pas. Te voilà bel et bien perdue Doriane Morgensen et c'est au moins crains de tes ennemis que tu dois pareil naufrage. Sonne l'hallali quand de ses lèvres, c'est son nom seul qu'elle implore pour une délivrance dont il promet les affres sans jamais rien céder. Aux draps, elle s'accroche, le corps tendu de trop de félicité. Vient le manque. Celui qu'il se refuse à combler. La femme d'action réduite à rien se perds en frissons, s'en vient le ramener à elle, éperdue. A ses lèvres le goût de sa propre extase, elle se veut pressante quand il empêche tout entier le feu de s'étendre. Retient ton souffle belle aveugle, celui qui ce soir te guide a le goût de la contemplation et garde pour lui chaque détail du tableau que tu offres. Alors elle ose à son tour. Vois. Regarde. Trouve un regard dans le sien qui jette un vent de tendresse sur ce besoin agressif qui l'anime. Un regard, rien qu'un seul et sa main s'en vient d'un revers caresser cette joue aimée. La frôle sans comprendre comment, au bout de ses doigts, ce visage n'a-t-il jamais pu lui apparaître aussi beau qu'il ne l'est alors. Perdue la hargne, perdu le temps. Elle touche là une douceur qu'elle n'avait osé vouloir jusque lors. J'ai besoin de toi. L'évidence. Depuis toujours, j'ai besoin de toi. De toi qui offre raison à ma vie, à mes combats. De toi qui anime mes jours pour mieux leur donner sens. Toujours méprisé, jamais bien loin, s'il faut que ma vie ne soit alimentée que d'une fonction, tu es sans aucun doute cette dernière. A quoi bon tout ces efforts si tu n'avais pas existé pour que je les forme ? A quoi bon ces combats si tu n'avais pas été l'ennemi faisant face ? Seule, aurais-je seulement eu un jour envie de vivre comme je l'ai fait jusqu'à présent ? Dans ce clair obscur, éclairé des seules lueurs d'autres pièces délaissées, elle laisse entrapercevoir les lumières d'une eau salissant son regard et qu'il chasse pour mieux l'étreindre. Ses lèvres à son cou, ses bras l'empoigne en réponse. Le serre, jusqu'à s'en étouffer de lui. Plus que du manque, vit le besoin. Le besoin qu'elle a de lui, de son existence toute entière, aussi exaspérante soit-elle. Ce besoin qui la pousse à embrasser sa chaire à l'en marquer de son désir. A le laisser maître quand déjà ses mains s'en viennent l'épouser tout entier pour mieux s'enorgueillir face au barrage de ces toiles le couvrant. Trop imposant, elle n'est plus rien sous lui. En voit trop sans assez de recul pour pouvoir s'en satisfaire pleinement. L'empressement poins de nouveau, s'en vient faire sauter les boutons dérangeant avant que de faire marche arrière. Non, pas ainsi. Pas comme ça. Elle se veut cavalière sans parvenir jamais à ses fins. Alors ses mains s'en viennent cueillir son visage, amenant son front au sien entre deux baisers qui n'ont plus rien de cette première vague de fougue les ayant menés à ce point, tandis que ses mains s'en viennent à leur tour faire état de ce corps offert à ses grâces. De ces épaules, larges, imprenables. De ce ventre anguleux sous lequel roule le dessin de ses muscles. De ce désir implorant ses caresses et qu'elle contente de tous ses délices pour mieux s'en venir tirer de cet homme les soupirs d'une extase épidémique entre eux deux.






 


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MessageSujet: Re: Que feras-tu pour effacer ma peine !? [Adriàn & Doriane]   Jeu 11 Fév - 2:18

Perdu l'amour et la victoire


Adriàn & Doriane

C'est un ballet qui se joue entre les draps Morgensen. Ça en a la couleur, ça en a la force. Il y a la passion qui les enivre dans sa fausse douceur, elle plante sa graine entre eux pour que ce mal ne cesse jamais de les ronger. Elle est là, les poussant à se dévorer, à soupirer un peu plus fort, à désirer un peu plus ardemment. Adriàn est perdu, ce péché qu'il a si ardemment souhaité ne saurait être contenté par une simple étreinte ; il prend goût à chacun de ses gestes, à ses caresses et à ses sons. Qu'elle soit silencieuse ! Qu'elle se taise et que sa peau se fasse glaciale, pour qu'il ait, ne serait-ce que l'espoir d'avoir une chance de rédemption ! Doriane succombe, Doriane se met à danser et la valse les amène par delà les frontières du pire. Un. Deux. Trois. Et c'est une horreur que c'est pas là, et ce ballet là est une plus grande épouvante. Il a la passion, il en a aussi le drame. La fin inéluctable s'annonce, l'horreur se dessine dans le froissement des draps mais les amants, aveugles, sont soumis au bonheur éphémère quant le pauvre observateur ne peut que serrer les poings pour eux ; et retenir ses larmes.

Elle l'a appelé.

Il a entendu, cet appel pressant. Etait-ce une supplique ? Un ordre ? L'effet fut prodigieux. Encore. Appel moi encore. Continue, que jamais tu ne cesse de prononcer mon prénom, que je te manque, que tu me recherche, que ce prénom là, pour l'éternité il soit sur tes lèvres. Encore. Pour la première fois il n'y a nulle ironie, nulle dédain, dans ton intonation, rien que moi. Appelle moi. Dis le encore, que je m'assure que je ne rêve pas ; qu'il est bon, tellement bon, de t'entendre m'appeler. Supplie moi de t'offrir ce que tu espères, de cesser mes tourments, clame dans mon nom l'étendu de ton besoin. Je suis là, je sais que je suis vile, mais je suis là. Ordonne moi, ordonne que je te suive sans retenue et sans pudeur ; que je sois enfin l'essence de mon être, un homme fou d'une femme prêt à bafouer père et amie, morale et réputation, pour une voix. Allez, encore, dis le une fois de plus. Adriàn. Pour se lover sur sa bouche, il se fait monstre. L'ingénu devient ingénieux, il vagabonde main dans la main avec la frustration pour l'user, pour la pousser plus loin dans ses retranchements. Ah, l'homme de patience s'est fait maître dans la matière, prenant même plaisir à se taire, à se retenir dans ses gestes, pour que l'impatiente soit mise à mal. Allez, encore, dis le une fois de plus. Adriàn.

Que le supplice est bon, il cède. S'abandonne, cesse son jeu pour mieux le continuer par ailleurs. Ses baisers reviennent et les gestes tendres avec eux. Le tissu, c'est ensemble qu'ils finissent par les arracher. Tu es magnifique. Il serait trivial de raconter comment ses mains jouent avec le contour de la dentelle, de murmurer la façon délicate dont Adriàn se pencha sur elle pour embrasser front, joue, bouche, alors qu'une main la libère. Elle est sublime. L'intolérable pensée s'impose, fugace mais tel le serpent elle est passée dans son esprit, tu es aussi sublime que je l'ai pensé. Prémices d'un crime annoncé. Il serait tellement vide de compter comment Adriàn compose avec ce corps d'Eve qu'il regarde comme s'il fut le premier que ses yeux découvrent.

Tu es unique.

Le plaisir, le désir, l'envie et les fantasmes, tout cela n'a pas de mots face à ses gestes ; et ces gestes là n'ont pas plus de mots pour être écris. Ils sont une partition qu'il joue, une mélodie dans sa tête, ce sont des sensations si insondables que l'écrit les rendrait communes. Il faudrait une palette de couleurs aux milles nuanciers pour tout raconter, des parfums pour des odeurs qui n'ont pas d'ingrédients, des pastels pleines de rouge et autres couleurs vives et le bruit ! Le bruit serait le plus beau des orchestres un jour de beau temps, et la pluie romantique en serait le tempo. Il n'aurait pas de parole et pourtant son sens serait d'une grande évidence, ce serait de ces bruits qui touchent à l'âme, aux émotions. Ils forment un tableau qui vous font frissonner d'émotions.

Au moins, ces paroles là, peut-on les écrire.

Je ne le fais pas exprès, vraiment. Je ne fais pas exprès de transformer chacune de mes caresses en déclarations, que je presse une note pour crier que je t'…. et ce mot que j'ai tellement dit, je n'y arrive plus. Écoute mes gestes, écoute mes soupirs, ce sont autant de déclarations. Si souvent dites, tu entends pourtant les nuances de mon être ? Cette imperceptible nuance qui signifie que tout a changé, que le message n'est plus le même. Quand il la caresse, il lui dit tendrement qu'elle compte. Quand il effleure sa peau, il lui murmure qu'il sera toujours à ses côtés, ombre obsédante ou amant inaltérable. Il couvre son corps de baiser, s'amuse de la frustration qui naît autant chez elle que chez lui. Il se tend, se retient, use la corde de ses propres limites pour glaner chaque secondes. Tortionnaire. Il est anguille sur son corps, se plaisant à éviter des baisers, pour revenir donner ce qu'elle a quémandé. Adriàn, si lumineux, apporte jusqu'ici de la joie et ce quelque chose qu'il a dans ses sourires.

Doriane

Cela se brise, enfin. Ils ont dansé, la valse peut s'endormir pour un rythme plus éreintant. Souliers usés, elle a bien reçu le droit de retourner sur  sa chaise. Le ballet prend un nouveau tempo, même l'homme le plus patient à ses limites et s'il est qualifié de Diable, alors il s'en va jouer de ses malices. La patience est morte, la Faucheuse a réussie à lui attraper le coeur quand Adriàn a murmurer à son tour le prénom de celle qui le fait vaciller. C'est sur la nuque de Doriane que ses mains se posent. Toi, à moi. Ce geste sans étreinte, simple caresse alors qu'il déglutie en l'admirant, ce geste qui lui transperce le coeur et l'achève. Toi, tu ne me quitteras pas n'est-ce pas. Une jambe habilement placée, une caresse de sa nuque à son épaule, et des baisers qui se font plus passionnés. Toi. Ses barrières ont capitulé avant les siennes, il a imaginé pouvoir tenir toute la nuit et plus encore, il faiblit sous le joug de son affection. Ce n'est pas tant le désir qui le guide mais le souvenir de cet appel, c'est ce regard-là, ces courbes-là, qui le conduisent là où l'on espérait qu'il n'irait. Fantasme ignoble, réveille toi Adriàn il n'est pas trop tard. Rappelle toi ce qu'elle est, rappelle toi qui est elle.

Doriane.

La bouffée d'amour a raison de tout, la fièvre l'emporte. Il a pourtant toujours été si innocent, si naïf. Si idiot. L'agneau est au bord du ruisseau, l'eau est tentante mais le loup ne lui fera t-il pas payer son audace ? Le gain est si attrayant, mais y goûter serait un tel parjure. Il voit le crime approcher, lucide, de la lumière pour éclairer ses ténèbres. Le prénom, il l'a finalement lui-même murmuré dans une plainte où l'amour s'enroule dans les syllabes. Ce prénom fait un écho, une onde qui le traverse, jusqu'à ce qu'il comprenne le sens de ce mot-là. Que fais-je ? Que suis-je en train de faire, mon Dieu ? Je te vois très bien, toi et tes grands yeux clairs ; toi et tes cheveux qui te couvrent avec pudeur. Quel crime suis-je en train de commettre. La sentence n'est pas nommée et apposant ses baisers sur son épaule, s'en suivant le long du bras, il masque à ses yeux ce que son esprit sait. Je ne peux. Il a ses formes aux creux de ses mains, dans son tympan résonnent encore la merveilleuse sonorité de son prénom, elle l'appelle, il l'entend, encore. Du péché de désir, le ciel doit me punir. Le coeur gonflé d'amour, l'étreinte qui le meurtrie de ne pas être assouvie. Je ne dois, ce désir là est prohibé. Ses lèvres sur son ventre. Seigneur, pitié pour moi. Un baiser au creux de ses hanches. L'agneau vit le loup s'avancer mais il ne lui donna nulles excuses car il n'en avait aucune, conscient du crime qu'est de goûter l'eau il n'avait que le repentie à offrir. C'est emmuré dans le silence qu'il regarde le Juge à fourrure s'avancer, il a eu des mensonges à se raconter et un désir derrière lequel se cacher, rien de tout cela ne le pare désormais. Nu, il le voit s'avancer près à accepter la sentence et à se replier, se drapant dans sa honte et s'éloignant de cette magnifique tentation. Ma passion me mènera en Enfer. Je n'en ai pas le droit, il existe des principes bien plus grands que nous, il existe des Histoires pour nous prévenir que ces draps froissés sont une erreur. Je dois reculer, l'un de nous deux doit le faire avant que le regret nous accable. Pardonne moi. L'agneau vit le loup. Pitié, pour elle. Silencieux, il prit une pierre qui était là et s'en alla l'abattre sur le crâne de l'animal. Puis il fit de sa fourrure sa nouvelle peau ; boire à l'eau, dévorer sans culpabilité, il en a maintenant tout les droits. L'agneau se fit loup, Adriàn embrassa son immoralité.  

Nulle Eve ne saurait être plus belle que toi, ombre sur toutes les beautés. Laisse moi te dire à quel point, je sais, que pour toi, je me damnerais.  

Est-ce de ma faute si notre père a fait les hommes moins puissants que Lucifer ?


©Aloysia


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SERANA PUE.
DORIANE JE T'AIME, C'EST TOI LA PLUS JOLIE ♥ ♥ ♥

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MessageSujet: Re: Que feras-tu pour effacer ma peine !? [Adriàn & Doriane]   Lun 29 Fév - 2:44

Perdu l'amour et la victoire


Adriàn & Doriane Morgensen

Entre les vagues du chaos, tangue et tangue leur belle embarcation, celle-là même qui s'en vient annoncer la noyade. Elle va s'y perdre, est déjà perdue. Nulle voix ne s'en viendra la rappeler ce soir à la raison, que la sienne qui s'en vient et murmure son nom comme l'on supplierai Dieu à mi-voix en une lascive prière qui n'aurait seulement le droit d'être prononcée. Il l'appelle, laisse hurler dans le silence tous les sons de l'amour qu'elle n'avait jusque lors su que rejeter. Son prénom dans sa bouche, celui-là même qui toujours savait si bien faire monter la colère et l'exaspération devient ce soir le prémisse d'un abandon sur lequel ne se pose aucun mot, alors même qu'entre ses bras glisse l'homme qui déjà se confond en mutiques pardons pour le mal qu'ils commettent. Où peut bien se trouver cette force qui jamais ne lui manquait ? Impuissante face au plus beau des ennemis, elle n'a pour elle que l'évidente sensation de sa bouche s'en venant marquer sa peau comme l'on marquerai l'esclave au fer rouge, posant avec une déconcertante délicatesse les évidences d'un désir se sachant déjà sans égal. Aux mille amants précédés, pas l'ombre de l'un d'eux pour s'en venir lui rendre sa lucidité déjà perdue. Contre elle déjà, l'enfant devenu homme créé sur son corps tout un monde dont elle ne soupçonnait l'existence et dont les lumières aveuglent tout son être. Elle perd pied, se noie. La chute n'en est que plus délicieuse et transforme l'indomptable en soumise lorsque ses lèvres s'en viennent refuser ses ordres pour mieux les exécuter une fois passée la demande. Au désir s'en vient la tourmente, la frustration d'en vouloir toujours plus quand tout ce qu'elle possède est déjà de trop. Insatiable, elle le veux, l'appelle et supplie celui qui jamais n'obéis. Une lueur d'espoir s'en vient poindre à l'heure où ce visage empressé embrasse, tombe et gagne le terrain de ses hanches. Sonne le glas, pour toujours ou plus jamais. C'est à elle seule qu'incombe le devoir de mettre fin à cette ineptie se jouant dans leurs ombres. Enfin le moment de pouvoir reprendre le dessus, de chasser de ses eaux ce monstre aux traits enivrants qui déjà la tien entre ses griffes. Hurle, débats-toi. Laisse ta colère éclater, celle là-même qu'il connaît si bien et ne pourra déjà plus le surprendre. Mets-y un terme, éclate et reprend pour toi seule les visions qui ne quitteront plus jamais son esprit. Il est encore temps de sauver vos âmes, de renvoyer le péché. Mais il s'en revient, perce la bulle de raison qui n'a eu le temps de vivre entre eux et son regard est une promesse l'accompagnant jusqu'au point du non-retour. Ainsi que le prédisent les plus saints des écrits, Eve s'en vient mordre à l'appel du fruit juteux que le serpent habile promenait sous ses yeux. En cet acte, elle condamne le monde à l'Enfer, leur prédit un futur empli de douleurs et de parjures. La honte les couvrira autant que rugit à présent la fureur de l'envie, imprimée à l'encre indélébile sur ces draps qui n'ont jamais connu tel impact. Elle n'en a cure. Déjà le Diable en son rire tient dans ses mains le pacte qu'ils viennent de signer pour ne plus former qu'un seul corps. Nous sommes perdus. En le dos d'un homme s'en viennent jaillir les liserés rougeâtres de ses ongles qu'elle plante sans rien en sentir sous l'assaut de son plus beau combat. Avec lui s'en vient l'air. Avec lui s'en vient la délivrance. Elle donne et reçoit tout à la fois, pleure sans larmes pour tout ce qu'elle perd et gagne dans cette seconde où leurs deux êtres disparaissent pour donner vie à cette chimère de tendresse et de rage ne s'exprimant qu'en soupirs. Sous ses lèvres qu'il empoigne des siennes, jaillit le tout premier souffle d'un dernier espoir tandis que leurs chemins se croisent, s'éloignent. Il s'en va pour mieux promettre de toujours revenir. L'évidence les mène, les enchaîne, les éloigne pour mieux les rappeler toujours l'un à l'autre. C'est une danse qui ne connaît pas de fin, un ballet au goût du plus dangereux des bonheurs où mains et lèvres se damnent pour un peu plus de temps dans l'étreinte que celui qui se perd seconde par seconde comme tombent les grains du sablier. Au monde qui les entoure, au vocabulaire tellement riche qu'elle a apprit au fil des années, tout disparaît pour ne plus lui laisser que son nom qu'elle répète sans pudeur.


Adriàn.


Une poussée plus dense qu'une autre, elle se dégage de cette posture pour s'en venir lui arracher les rennes qu'il tenait si férocement jusque lors et laisse à la passion le soin de recoudre ce qu'elle défait sans même savoir ce qu'elle en attend. A son regard, plus clairement enfin se dessine le tableau le plus affolant que ses yeux ait jamais contemplé et qu'elle effleure du revers de sa main pour mieux s'assurer qu'il n'a rien d'un mirage. Un contact qui l'embrase, fait s'affaisser sa belle assurance qu'elle laisse retomber contre lui pour mieux s'en venir perdre son souffle en le sien. Que m'as-tu fais ? Quel genre de monstre es-tu pour m'avoir ainsi poussée vers un cauchemar qui a tout du plus troublant des bonheurs ? Autour d'elle, ses bras s'en viennent l'entourer, la tenant pour ne plus jamais la lâcher. Tu y reviendras Morgensen. Qu'importe ton bel orgueil qui te feras réfuter les récits qui s'écrivent en cette nuit, tu ne passeras plus un jour sans te sentir délaissée sans ce corps qui ravage tout en toi et s'applique à fondre son contact sur chacune des parcelles de ta peau. Déjà, le moindre instant offert à la contemplation lui tord le ventre de manque, la pousse à faire se redresser l'homme sous elle pour mieux sentir le feu de sa peau sur la sienne qu'il couvre de couleurs qu'il s'en faudra venir cacher au matin sous de vains artifices. La fureur d'une bouche prête à tout dévorer et qui ne saisit rien pour autant fait s'accentuer la faim, lui fait maudire l'accomplissement qui toujours s'en vient lorsqu'un homme rencontre une femme de cette façon. Le repos n'a rien a envié à leur fougue. Passe le temps, court et sans barrage. Ils savent bien l'un et l'autre que la fin d'un chant en appel aux premières notes d'une nouvelle mélodie qui se traduit avec plus de vigueur encore que la précédente. Une erreur peut bien être pardonnée lorsqu'elle n'est l'affaire que d'un seul égarement. La faute est commise à nouveau. Encore et encore. Juste le temps de laisser à ces corps bien trop faibles le temps de retrouver leur vigueur et la valse s'en revient étendre ses refrains un peu plus fort encore, effaçant sur son passage toutes les lois de la modération. Aux premiers soupirs à peine esquissés s'en viennent les râles, l’intonation des supplications les plus belles. Encore et encore. Sa propre envergure est arasée de fatigue, martelée de cette jouissance qu'il lui impose avec bien trop de facilité. Encore et encore. Si l'esprit seul pouvait guider l'interlude, ce dernier ne connaîtrait jamais de fin. Elle hait en silence et de tout son être la condition humaine, les limites physiques qui les coupent dans leurs élans pour mieux laisser la fièvre les conduire à nouveau l'un vers l'autre après l'entracte. Encore et encore. Les heures filent sans rien laisser entre eux que la fureur de se vouloir toujours plus, que l'impression titanesque de s'être oubliés sitôt qu'ils s'en venaient s'apprendre par cœur. Sait-elle seulement la toile qu'elle tisse en son cœur à ainsi l'attirer toujours plus dans les méandres de ses bontés ? Sait-il seulement les chaînes qu'il passe à son cou à chaque avancée que son corps trace en elle ? Elle oublie, le rattrape, l'embrasse et le serre pour le savoir mieux encore que la fois précédente. En silence elle découvre ses faiblesses, les gestes aptes à le faire défaillir et en joue telle une reine pour mieux l'attiser sans jamais lui donner lieu de partir vraiment. La nuit les contemple, refuse au soleil son droit de s'en venir les troubler. Les premières lueurs de l'aube pourtant, pointent déjà leurs rayons au dehors, s'en viennent sonner la fin des combats pour ces corps luisant l'un contre l'autre au poids de leur plus belle erreur. Anéantie, elle a trouvé l'écrin de sa couche en ses bras, instinctivement, dans la plus grande des normalités, se berçant aux sons de son cœur battant une mesure affolée se calquant dans les siens. Leurs souffles déjà peinent à retrouver leur rythme sous le voile du sommeil qui accable ceux qui se désiraient à n'en jamais finir. Sous le noir des paupières, ses mains parlent pour son esprit éteint et s'en viennent se poser dans la fragile douceur sur la nuque enfiévrée d'un corps la serrant toujours au sien, sa tête reposant contre son épaule. Elle a sa bouche sur son front. Le rythme saccadée de sa respiration comme seule maîtresse. Morphée ne l'aura jamais si bien tenue qu'en cette nuit devenue jour, lui murmurant en ses songes, les premiers mots d'un poème au sens nouveau.




Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.



 


©Aloysia


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MessageSujet: Re: Que feras-tu pour effacer ma peine !? [Adriàn & Doriane]   Lun 21 Mar - 2:14

Perdu l'amour et la victoire


Adriàn & Doriane

Il y a quelque chose de bon dans l'horreur qu'il éprouve. Quelque chose d'indicible, de difficile à décrire qui est plus proche de l'extase que tout les bonheurs qu'il a côtoyé jusqu'alors. Le consentement de Doriane lui ouvre la porte vers cet ailleurs qu'il attendait avec l'impatience d'un assoiffé. Ce n'est pas seulement se brûler les ailes, ce n'est pas une énième métaphore poétique qui souligne la beauté de l’innommable. Non. Crûment, avec la bassesse du plus grand des dons de soit, Adriàn sacrifie son humanité. Sa morale est morte, arrachée à lui à travers chacun de ses râles. Et il le sait. Il la sent s'envoler et l'interdit rend la chose encore meilleur ; et ça ne se fait pas, ça ne se dit pas. Il ne devrait pas avoir ces gestes là, ces soupirs là ils devraient être tut. Son corps est tension, le plaisir fait l'effet d'une drogue. Encore. Elle a évincé toutes les précédentes, il est nu pour la première fois. Ses mouvements, si familiers, il les redécouvre. Sa peau sous ces doigts trouve enfin sa raison d'être, les soupirs savent pourquoi ils sont lâchés. Tout est une première fois, tout prend sens. Ces ongles dans sa chair inscrivent le péché et il aime cette preuve de leur erreur. Cette erreur qu'il referait cent fois et plus encore. Les feux d'artifices existent. Le feu de la passion est bien réel. La peau brillante n'est pas un fantasme. Les plus belles histoires sont vivantes, elles prennent naissance dans des étreintes telles que la leur. Le plus trivial des actes est transcendé pour que ce lit défait soit l'écrin d'un sentiment. Il ne saurait mieux le dire que dans sa main qui prend la sienne, entremêlant leurs doigts pour lui jurer de ne jamais l'abandonner. Jamais je ne te quitterais. Elle griffe, il mord une épaule. Jamais. Tu es mienne, pas de la façon possessive des amants jaloux ; pas comme des âmes sœurs qui viennent de se retrouver. Tu es mienne car tu es tout à la fois une évidence et un besoin. Ce n'est pas parce que je suis comme vierge d'aventure que je le ressent, ce n'est pas parce l'interdit de notre union me procure une délicieuse adrénaline. Tu es l'évidence car c'est au creux de tes reins que je me sens homme. L'enfant n'existe plus, l'innocence n'a plus de raison d'être et mes ambitions tut par la lâcheté s'expriment enfin. Je me sens capable de tout, du meilleur comme du pire. Je me sens éclore, là, sous tes doigts, je te sens modeler ce qu'il y a d'exceptionnel en moi. Ce que personne, pas même moi, n'avait conscience, prend vie sous le souffle de tes soupirs. Je ne pourrais plus me passer de cette sensation extraordinaire. J'existe, comprends tu ? Les mots « tu donnes un sens à ma vie » prenne enfin sens, ce n'est plus une phrase comme tant d'autres, une phrase pour faire jolie, de celles que je sors aux femmes esseulées le long du comptoir. Ma vie, je croyais la vivre mais elle n'était rien de plus qu'une succession de jour. C'est dans ta beauté que j'en comprend le sens, et que l'envie de la rendre aussi parfaite, éternellement, que cette instant, me prend.

Il lui rend cet amour, cette dévotion sans pareil. Les rôles s'inversent, elle prend l'ascendant et c'est avec joie qu'il s'abandonne. Encore. Il aimerait graver sa peau sur la sienne, la coudre, que jamais elle ne quitte ses bras. Reste auprès de moi, n'arrête pas tes étreintes. Il n'a plus besoin du vent, il n'a plus besoin du soleil sur sa peau ; le souffle de sa respiration sur sa nuque lui suffit, la chaleur de son corps contre le sien lui suffit. Besoin de rien de plus qu'elle. Ne t'arrête pas, jamais. S'il pouvait figer le temps, Dieu qu'il le ferait. A la place, il rejoue la scène encore une fois, puis encore une. Le rappel jamais ne s'arrête, insatiable, Adriàn redoute l'instant où l'épuisement aura raison de son bonheur. Où le corps, égoïste, cessera de fonctionner, inconscient de la frustration que cela entraînera. Comment se satisfaire d'une caresse quand on a goûté au plus pur des nectars ? Comment redevenir ce qu'il était quand il a sentit ce qu'il pouvait être ? La réalité est bien trop fade, il ne veut y retourner.

C'est au cœur de ses bras qu'il veut vivre.

Pourtant, même le plus beau des songes à une fin et la leur s'en vient filtrer à travers les rideaux. L'Alouette chante sa mélodie, alors qu'Adriàn sent les rayons d'un soleil bien trop vif percer son regard. Quelque chose de doux s'épanouit sur son front, un souffle court, profond, rythme le silence de la pièce. Une mèche de cheveux obscurcit son regard, lentement il relève la tête. Ses mains, encore, enlace un corps d'une douceur infini. Dans un geste déjà devenu habituel, il joue du pouce pour caresser la peau alors qu'il s'éloigne. Se détache. Les pièces du puzzle se mettent en place dans son esprit embrumé d'ivresse. Plus de colère, plus de tentation, il ne reste que le vide à combler. Nul besoin de voir le visage, il sait. La folie de l'instant ne l'a, hélas, pas rendu amnésique, avec clarté il voit l'instant où tout a basculé. Comment il est passé de la rancœur à l'a… le mot est tut. Se lever. Il doit se lever, s'habiller, fuir. Le chien, le chien va le réveiller s'il bouge. Devrait-il fuir par la fenêtre pour éviter que le cabot ne prévienne l'hôtesse. Prévienne Doriane. La culpabilité l'étrangle, le poids dans sa poitrine est bien peu de chose à côté de la sensation nauséeuse qu'il éprouve. Qu'a t-il fait ? Adriàn reste là, pantelant, immobile, tenant Doriane contre lui, le regard fixe sur ce plafond. Qu'a t-il fait. Les émotions lui reviennent dans un froncement de sourcils, de la plus ténue à la plus tenace, elles s'invitent toutes en lui pour lui rappeler combien ce fut merveilleux. Lui rappeler la lucidité avec laquelle il a embrassé le Diable. Son pouce ne caresse plus Doriane. La raison, bien vite, vient à la charge pour contrer ces émotions qui font naître des sentiments. Elle argue, pour le sauver du naufrage, qu'il n'était pas dans un état normal : c'est le choc de la savoir Anima qui t'as poussé au crime. C'est de voir Serana plus morte que vive, à cause d'elle, à cause d'une Anima, qui t'as mis dans son lit. Tu ne l'as pas aimé, Adriàn, tu l'as puni de la pire des façons d'avoir joué de toi et d'avoir attenté à celle qui t'es destinée. Voilà. La raison connaît son discours, elle le récite parfaitement pour qu'Adriàn perde la culpabilité et arrive à respirer de nouveau. C'est vain. Le pouce reprend son mouvement, sa main s'ouvre plus en grand pour qu'il puisse mieux la retrouver. Son corps se tourne pour mieux épouser les contours du sien. C'est vain. Cela sonne faux, creux, cela sonne comme une excuse donnée par un être de mauvaise-foi. Il n'arrive pas à respirer tant il s’écœure mais il ne saurait se mentir à lui-même. Demain, il pourra jurer au monde que cette nuit n'a jamais eu lieu mais à lui, à son reflet dans le miroir, il ne donnera que la vérité.

Je la désirais.

Plus que tout, je la désirais. Non ceci aussi est un mensonge, ce n'est pas l'exacte vérité. Plus que tout, je la désire. Après le réveil, encore je veux ressentir cette sensation de plénitude. Encore. Me retrouver en elle, la faire sourire à nouveau, soupirer, la voir lumineuse… et à la place de me lever, la regarder ensommeillée. Guetter son réveil pour la surprendre, l'embrasser avec délicatesse sur le front et les lèvres pour augurer une magnifique journée. Adriàn lève le regard sur celle qui le torture sans le savoir, de la courbe de sa nuque aux contours de son visage, il se rappelle les fragments de sa peau. Elle te ressemble, n'est-ce pas ? C'est désagréable, hein, de voir le Morgensen en elle. L'Auteur a bien fait les choses, elle t'es si semblable, semblable comme une sœur. Il le sait, nul besoin de lui rappeler. Adriàn détourne le regard d'elle, mal à l'aise, inconfortable dans son propre corps. Est-ce que cette nuit fait de lui un monstre ? Fait d'eux des monstres ? Oui. Réponse implacable mais évidente. Oui. Fuir, partir loin pour oublier. Se doucher, frotter sa peau à la rougir, jusqu'à l'arracher pour faire disparaître toutes preuves. Son odeur, ses marques, tout doit s'envoler, ainsi seulement cette nuit n'aura pas existé. Je ne peux pas. Ça l'abasourdit, ça le cloue sur place tant le choc est fort. Je ne veux pas. Il a une pierre dans la poitrine, il a les yeux écarquillés sur ce foutu plafond mais ça ne change rien. La bile dans sa bouche, ça ne change rien. Je ne veux pas. Je ne veux pas oublier ce que cela fait de se sentir vivant. Je ne veux pas oublier l'extase d'avoir trouvé quelque chose que j'ai toujours recherché. Certain mette une vie à effleurer le Paradis, moi je l'ai enlacé une nuit entière. Je ne veux pas oublier ce que le mot aimer à eu de plus incroyable à m'offrir. Je sais l'ignominie de mon acte. Je sais la pénitence et le malaise qu'il entraînera, la culpabilité déjà se love au creux de mon âme. Je sais que je suis une déception, un écœurement, quelque chose de plus proche du monstre que de l'homme. Anima ? Je n'ai nul excuse à donner, car ce qui justifie mon acte fait mon crime. Je la désire. Depuis toujours il y a chez elle cette attraction et cette nuit j'ai perdu pied. Je ne demande pas le Pardon, ne vous abaissez pas à me l'offrir. Le crime est consommé, et je ne demande qu'à recommencer.

Alors, une tache noire s'inscrit en lui. Un petit point qui finira par prendre bien trop de place. Tout ce qu'il a de plus affreux, sa culpabilité, son envie, son obsession, prennent place dans cette tache. Part d'ombre qui éclot au milieu de son plus grand bonheur. Adriàn remit la mèche en place sur le front de Doriane, caressa du dos de sa main sa joue. Réveille toi. Un baiser sur le nez.

Debout, marmotte.

Ses mains accrochées à sa taille, son visage collé au sien, regard attendant l'éclat de ses yeux. Il est pendu à ses lèvres, l'homme refuse de s'enfuir. La quitter, impossible, tout son corps rappelle le sien. Adriàn ne part pas, Adriàn ne bouge pas. Pour lui le temps n'a pas reprit sa course ; il s'y refuse. Il est une telle déception, Magnus a perdit bien plus qu'une fille cette nuit-là. L'héritier Morgensen n'est plus, une aube nouvelle s'ouvre à lui. Vierge de destin, d'un mot, d'un regard, elle pourrait lui écrire la plus grande des histoires, ou la plus effroyable des pénitences.





©Aloysia


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SERANA PUE.
DORIANE JE T'AIME, C'EST TOI LA PLUS JOLIE ♥ ♥ ♥

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Loin du saint brisant ses vœux, il est le Malin, fallacieux, bien trop patient. Il est cette ombre tapie dans un coin du décor à laquelle on ne prête aucune attention.
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Que feras-tu pour effacer ma peine !? [Adriàn & Doriane]

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